Bons coins et Tourisme RDC : Monographie de la province du Maniema

Le Maniema (qui signifie en dialecte Kibangubangu “La Foret Vierge” ou “La Jungle”) depuis 2015, est l’une de 26 provinces de la République démocratique du Congo. Ainsi, cet article intitulé “Bons coins et Tourisme RDC : Monographie de la province du Maniema” vous en donne tous les détails.

Au xixe siècle, « Maniema » désignait généralement la région actuellement connue sous le nom de « Kivu » (actuelles provinces du Nord Kivu, Sud Kivu et Maniema).

Présentation générale de la province du Maniema

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Administration
Pays Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Chef-lieu Kindu
Plus grande ville Kindu
Assemblée 13 sièges
Sénat 4 sièges
Gouverneur Pascal Tutu
ISO 3166-2 MN
Fuseau horaire UTC+2
Démographie
Population 2 333 000 hab. (2015)
Densité 18 hab./km2
Rang 18e
Langue(s) Officielle : français
Nationale(s) : kiswahili
Géographie
Coordonnées 2° 57′ sud, 25° 57′ est
Superficie 132 250 km2
Rang 6e
Liens
Site web http://gouvernoratmaniema.com

Située presque au centre de la RDC, la province du Maniema couvre une superficie de 132.250 Km2 soit 5,6 % de la superficie totale du pays. Elle est comprise entre 0’ et 5’ de latitude Sud et entre 24° 55’ et 28° 8’ de la longitude Est. La Province du Maniema est limitée au Nord par la Province Orientale, au Sud par le Katanga, à l’Est par le Sud- Kivu et le Nord- Kivu et à l’Ouest par le Kasaï Oriental.

La province du Maniema est dans son ensemble située dans la zone dite de basse altitude. Sa partie Nord- Ouest comprenant les Territoires de Lubutu et Punia est entièrement dans la Cuvette Centrale dont l’altitude moyenne est de 500 m. Plus vers le Sud dans le Territoire de Kabambare l’altitude monte progressivement jusqu’à atteindre 800 m.

Le Maniema est caractérisé par un climat chaud et humide. Il évolue du type équatorial au Nord au type soudannéen au Sud, en passant par une zone de transition au Centre. Les Territoires du Sud notamment Kasongo, Kibombo et Kabambare subissent une saison sèche de 3 à 4 mois, soit du 15 mai au 15 septembre. Les Territoires de Pangi et Kailo (Kindu) au Centre n’ont que deux à trois mois de saison sèche par an. Les Territoires de Lubutu et Punia situés à proximité de l’equateur et donc au Nord de la Province ne connaissent pas de saison sèche très marquée. La pluviométrie annuelle varie donc de 1.300 mm au Sud à 2.300 mm au Nord.

La pédogénèse a engendré les sols climatiques de trois types au Maniema à savoir :
o Arenoferralsol : ce groupe de kaolisaol s’étend du Nord au Sud le long du fleuve Congo. Il occupe l’Est de Lubutu, le Centre de Kaïlo dont KINDU, la presque totalité de Kibombo et le Sud de Kasongo.
o Ferrisol : il couvre une partie de Maniema, à l’exception du Sud de Kibombo et Kasongo, et du Nord de Lubutu.
o Ferralsol : groupe qui s’individualise au Sud de Kabambare. Le ferralsol du type Yangambi s’identifie au Nord de Lubutu.
L’étendue de la gamme de différents types de sols que l’on rencontre dans le Maniema provient de la variété de la roche mère, du climat, des altitudes et des reliefs. Le sol étant un édifice d’une extrême complexité, il varie parfois assez considérablement dans une même zone écologique allant du sablonneux du territoire de Kibombo à l’argileux compact des territoires de grandes forêts (Pangi, Kasongo). Ces sols argileux sont d’excellente qualité agronomique et caractérisée par une végétation spontanée plus luxuriante, une génération plus aisée, une réserve en composés minéraux notamment en chaux. Ces sols sont en partie présents à Kasongo, Kailo, Pangi et Kibombo.

 

SITUATION ADMINISTRATIVE ET POLITIQUE

Sur le plan administratif, la Province du Maniema a été créée par l’Ordonnance n° 88-031 du 20 juillet 1988. Elle est revêtue du Statut provincial après éclatement de l’ancienne Province du Kivu et est composée de :
• 7 Territoires et 3 Communes,
• 34 Secteurs ou Collectivités
• 6 Quartiers et 317 Groupements,
• 2.808 Villages.

Territoires 

 

 

1.1. Le territoire de Kabambare

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La superficie du territoire de Kabambare est de 19.513 km², ce qui représente 14,74 % de l’espace provincial. Il est situé entre le 4e degré et le 5e degré de latitude sud, et entre le 27e degré et le 28e degré de longitude est. Les territoires limitrophes sont : — au nord : le territoire de Shabunda dans le SudKivu ; — au sud : les territoires de Kongolo et de Nyunzu dans le Tanganyika (Katanga) ; — à l’ouest : le territoire de Kasongo ; — à l’est : le territoire de Fizi dans le Sud-Kivu.

 

1.2. Le territoire de Pangi

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Le territoire de Pangi est situé au sud de l’équateur entre les degrés 2 et 4 de latitude sud, et entre les degrés 25 et 28 de longitude est. Sa superficie couvre un espace de 14.542 km² soit 10,9 % de la superficie totale de la province du Maniema.

 

1.3. Le territoire de Kailo

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Avec une superficie de 21.081 km², le territoire de Kailo occupe le deuxième rang dans la province du Maniema, derrière le territoire de Kibombo. Il s’étend entre 26°05’ de longitude est et 2°39’ de latitude sud. Il est limité géographiquement :

– au nord par le district (province) de la Tshopo et le territoire de Punia ;

– au sud par le territoire de Kibombo ;

– à l’est par le territoire de Pangi ;

–  à l’ouest par le district de Kabinda (province de Lomami), le district (province) du Sankuru et le district (province) de la Tshuapa.

 

1.4. Le territoire de Kasongo

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Situé au sud du Maniema, le territoire de Kasongo est d’une superficie de 1.700 km². Il est limité au nord par le territoire de Pangi, au sud par les territoires de Sentery (au Kasaï-Oriental) et de Kongolo (au Katanga), à l’est par le territoire de Kabambare et à l’ouest par le territoire de Kibombo.

 

1.5. Le territoire de Kibombo

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Situé au sud-ouest de la province du Maniema, d’une superficie de 24.953 km², le territoire de Kibombo est le plus vaste de la province.

Il est compris entre le 25e et le 26e méridien, et entre la 3 e et la 5e parallèles sud et limité au nord par le territoire de Kailo, à l’ouest par le district du Sankuru, au sud par le district de Kabinda, et à l’est par le territoire de Kasongo.

 

1.6. Le territoire de Punia

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Situé au nord de la province du Maniema entre le 23e et le 28e degrés est et entre les degrés 1 et 2 de latitude sud, le territoire de Punia couvre une aire de 19.805 km2 . Ses voisins frontaliers sont :

– au nord, le territoire de Lubutu qui le sépare par la rivière Lowa ;

– au sud, le territoire de Kailo dont la rivière Ulindi constitue la limite naturelle ;

– à l’ouest, la rivière Lowa et le fleuve Lualaba le délimitent avec le territoire d’Ubundu de la Province-Orientale ;

– à l’est, le territoire de Walikale dont la limite est la rivière Kyasa, et le territoire de Shabunda dont la rivière Lugulu constitue la frontière naturelle.

1.7. Le territoire de Lubutu

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Le territoire de Lubutu est situé à l’extrême nord de la province du Maniema. Il s’étend sur une superficie de 16.055 km² et il est limité :

– à l’est par le territoire de Walikale au niveau de la rivière Oso ;

– à l’ouest par le territoire d’Ubundu, dont la rivière Babesoe constitue la limite naturelle ;

– au nord, par le territoire de Bafwasende avec la rivière Maïko comme limite ;

– au sud, par le territoire de Punia au niveau de la rivière Lowa.

 

Géologie

Le territoire du Maniema est géologiquement subdivisé en deux parties :

– la partie ouest, depuis la Lomami jusque un peu au-delà du Lualaba, occupée par la bordure orientale de la cuvette congolaise ;

– la partie est, occupée essentiellement par des formations caractéristiques du kibarien.

 

Partie Ouest de la province

– le long de la Lomami, une succession d’argilite et marne de la série du Lualaba, comme à Obenge Benge et Bena Kamba, avec parfois des schistes bitumineux, des fossiles dont des ostracodes, des phyllopodes, des débris de poissons et de végétaux ;

– le long du Lualaba depuis Kibombo jusqu’en dessous du grès de la falaise de Lowa, un soubassement dit de la série de la Lukuga ;

– le long de la Maiko et à Lubutu, un socle ancien dit du groupe de la Lindi.

 

 Partie Est dela province

Le reste de la province se trouve entre deux segments de l’axe kibarien SW-NE, avec un segment SW depuis les gorges de Nzilo et les monts Kibara au Katanga jusqu’au 5ème  parallèle Sud, ainsi qu’un segment NE affleurant dans les deux Kivu, au Burundi, au Rwanda, au SW de l’Ouganda et au NW de la Tanzanie

On y observe un certain nombre d’éléments caractérisant le Kibarien dans toutes ses occurrences, dont des intrusions granitiques en structures de larges dômes, associées à des roches mafiques, ainsi que de petits plutons granitiques dans des zones de cisaillement.

Entre ces aires granitiques, dans un mémoire présenté sur la géologie des gisements stannifères de Symetain (Mém. Inst. Royal Colon. Belge, Mars 1952), Varlamoff observe une différence dans les métasédiments intrudés :

– loin des granites, on a des schistes noirs graphiteux et quartzites gris bleuâtre foncés, devenant de plus en plus claires au fur et à mesure qu’on s’approche des massifs ;

– vers le contact avec ces granites, les quartzites blanchissent et se chargent de micas blancs ; les schistes se transforment en micaschistes et perdent progressivement leur coloration noire, finissant par devenir gris verdâtre près des contacts, avec formation de micas blancs, d’abord microscopiques et devenant progressivement reconnaissables à l’œil nu près du contact ;

– pour l’aire granitique du nord-est, plus on s’approche des massifs, plus on a des schistes à grands cristaux d’andalousite, des micaschistes à staurotides et des micaschistes à grenat.

 

Hydrographie

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Au bord du fleuve Congo à Kindu 

Le Maniema a un réseau hydrographique très dense qui se structure autour du fleuve Congo encore appelé ici Lualaba et qui traverse la province du sud au nord. Les trois quarts du réseau sont constitués par des affluents du fleuve et se situent sur sa rive droite drainant les eaux des rivières ayant leurs sources sur les flancs du Kivu montagneux. Les affluents les plus importants se présentent de la manière suivante : Sur la rive droite :

– la rivière Lwama au sud qui prend sa source au Katanga et baigne le territoire de Kabambare pour se jeter dans le fleuve non loin de Kitete ; – la rivière Kunda au sud de Pangi dans le territoire de Kasongo ;

– la rivière Elila en provenance du territoire de Shabunda, traverse le territoire de Pangi pour se jeter dans le fleuve en territoire de Kailo à 30 km au nord de la ville de Kindu ;

– la rivière Ulindi dont la source est située dans le Sud-Kivu, traverse les territoires de Pangi et de Kailo pour rejoindre le fleuve près de la localité de Kowe en territoire de Punia ;

– la rivière Lowa qui vient du Nord-Kivu pour constituer la limite entre les territoires de Punia et de Lubutu avant de se jeter dans le fleuve Lualaba. Sur la rive gauche :

– la rivière Lufubu au sud en territoire de Kibombo, traverse la chefferie des Aluba pour se jeter dans le fleuve non loin de Nyangwe ;

– la rivière Lowe qui est localisée dans le territoire de Kibombo ;

– la rivière Lweki qui traverse le territoire de Kibombo du sud (à Oleko Kusu dans les Bahina) au nord à Lweki ;

– la rivière Nyembo également dans le territoire de Kibombo ;

– la rivière Kasuku qui prend sa source près de Weta dans la chefferie Ankutshu en territoire de Kibombo pour baigner aussi les chefferies des Bangengele et des Balanga avant de se jeter dans le fleuve à la limite du Maniema avec la ProvinceOrientale presque en face de Kowe.

À la limite entre Kibombo et Kailo, ce cours d’eau a formé une grande retenue d’eau appelée « Lac Ndjale », une réserve naturelle de la biodiversité ;

– la rivière Lomami qui fait la limite naturelle entre le Sankuru et la province du Maniema.

Le territoire de Kabambare est drainé par trois grandes rivières qui se jettent dans le fleuve Lualaba, notamment :

– la rivière Lwama : la plus longue du territoire. Elle prend sa source au Katanga et traverse le territoire de Kabambare pour se jeter dans le fleuve à partir de la rive droite. Cette rivière est réputée pour ses nombreux crocodiles, ses hippopotames, ainsi qu’une nombreuse variété de poissons d’eau douce. Ses affluents sont entre autres : Momboyi, Ndaka, Lukala, Ilunguyi, Lubondoyi, etc. ;

– la rivière Luika : elle prend sa source dans la partie méridionale de Kabambare et verse du côté de la rive droite ses eaux dans le fleuve. Cette rivière constitue la limite naturelle entre les territoires de Kabambare et de Kongolo ; – la rivière Lulindi : à l’instar de la rivière Luika, celle-ci prend sa source dans le territoire même de Kabambare.

À côté de ces trois rivières, il en existe d’autres de moindre importance comme Kibila, Kama, Dila, Muludi, etc.

Le territoire de Pangi possède deux grandes rivières : l’Ulindi au nord et l’Elila au centre, toutes deux affluents du fleuve Lualaba. De façon sommaire, ce réseau se présente comme suit :

le réseau de la rivière Ulindi :

– la rivière Andamane sur l’axe Kalima-Lubile. Un pont d’une longueur de 50 mètres la traverse au niveau du village Lukunzi à 27 km de Kalima. Cette rivière, qui vient des contreforts de la chaîne de Mikenzi, débouche sur l’Ulindi par la rive gauche ;

– la rivière Lubilaza située sur la rive droite, elle alimente le barrage hydroélectrique de Lubilaza qui, avant l’accès de cette contrée à l’électricité de Luzilukulu, alimentait les camps miniers de Moga, Makunzu, Tuparaka et Misoke ;

– la rivière Luzilukulu prend sa source dans la chaîne de montagnes de Bokanga. Des barrages d’eau construits au sommet de cette chaîne alimentent la rivière. C’est la principale rivière qui alimente la centrale hydroélectrique de Rutshurukuru (déformation du mot Luzilukulu). Avec la Lipangu qui possède presque le même débit, les deux rivières traversent l’axe routier Kalima

– Lubile à deux kilomètres de la Cité de Kakutya et se jettent dans la rivière Ulindi par la rive gauche ;

– la rivière Mususano prend sa source sur le mont Atondo au sud-est de Kalima. Elle traverse l’axe routier Kalima

– Lubile au niveau du village Mobile et se jette dans l’Ulindi par la rive gauche ;

– deux rivières, Mukwale à l’est et Kamisuku à l’ouest, forment les frontières naturelles du quartier Munyangi. Kamisuku se jette dans Mukwale

pour rejoindre Ulindi en amont de la localité de Kimbiambia ;

– la rivière Kimbala prend sa source sur les flancs de la chaîne de Mikenzi et se jette dans l’Ulindi au niveau du village Kinkungwa à 15 km de l’agglomération de Kalima. À 3 km plus loin, la rivière Nzale qui vient des mêmes flancs se jette sur Ulindi par la rive gauche.

le réseau de la rivière Elila :

Le réseau hydrographique de la rivière Elila est de loin le plus important du territoire de Pangi.

 

Minéralisations

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La province du Maniema contient un important potentiel minier à l’est du fleuve Congo dans les formations d’âge Kibarien (carte 6) dont une exploitation artisanale importante.

Il s’agit essentiellement de minerai d’étain (cassitérite) et d’éléments associés comme le tungstène (wolframite), de niobium dit aussi columbium et tantale (coltan), localisés plus vers la partie nord de la province (Lubutu, Punia, Kasese, Kailo, Kalima), ainsi que de l’or dans des sites situés principalement dans la partie sud (Kama, Bikenge, Salamabila/Namoya, Kabambare).

Quelques exploitations de diamant sont signalées à l’ouest du fleuve Congo, dans les terrains Phanérozoiques dans la chefferie Bahina à Kibombo, ainsi qu’à Amilulu au nord de Lubutu.

 

 Province à étain et éléments associés

Il existe une association géographique entre ces minéralisations et les granites, les pegmatites et les veines de quartz du Kibarien, sous forme de minéralisations primaires, mais aussi de minéralisations secondaires dans des alluvions et/ou des éluvions.

 

La végétation

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Les deux tiers nord de la province du Maniema sont essentiellement occupés par la forêt dense humide y compris une petite portion de forêt d’altitude humide. Seuls les complexes agricoles en milieu forestier et des zones d’agriculture permanente viennent perturber cette grande forêt dense humide.

Le tiers sud de la province du Maniema est principalement occupé par la savane arbustive. Au sein de celle-ci, quelques savanes herbeuses sont présentes au sud-ouest de la province. Tandis que dans le sud-est de la province en bordure de la province du Sud-Kivu, on rencontre une mosaïque de végétation : la savane arbustive, quelques petites forêts claires, une savane boisée de petite superficie, quelques savanes arborées et des complexes agricoles de petite dimension en milieu de savane.

 

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RDC Tourisme : Présentation de la Province du Kongo Central

 

La forêt dense humide et la savane arbustive peuvent être délimitées par une ligne brisée qui part de Kimia jusqu’à Kibombo en longeant le Lualaba et puis qui se dirige jusqu’à Mwana-Ndeke pour rejoindre Mulala sur la Kama à la frontière entre la province du Maniema et la province du Sud-Kivu.

Il règne deux types de climat qui sont : le climat du type équatorial au Nord et le climat du type tropical humide au Sud. Les pluies sont abondantes : 1200 à 2000 mm par an. C’est une province chaude. La température moyenne varie entre 23° et 25 °C. Le nord et le sud de la province du Maniema connaissent deux climats distincts qui se manifestent par une végétation typique : la forêt dense et la savane.

 

La faune

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Le Maniema dispose d’une faune riche et variée. Parmi les mammifères rencontrés dans le Maniema, les plus emblématiques sont le gorille, le chimpanzé, l’okapi, l’éléphant et le léopard, tandis que parmi le grand nombre d’oiseaux rencontrés dans la province, l’unique paon du continent africain, le paon du Congo, est endémique pour le bassin du Congo.

Les deux parcs nationaux Maiko et Kahuzi-Biega et le domaine de chasse de Kimano II jouent un rôle important dans la conservation de cette faune. La survie des espèces est menacée par plusieurs facteurs. Les grands mammifères et certains oiseaux sont entre autres menacés par la perte de leur habitat et la chasse. La pêche artisanale intensive et la pêche avec des produits ichthyotaxiques peuvent avoir un grand impact sur la survie des populations de poissons dans les rivières.

À partir de différentes sources, une liste des espèces a été constituée pour les quatre groupes de vertébrés : poissons, amphibiens et reptiles, oiseaux, mammifères (voir les détails ci-dessous). Il est important de tenir compte du fait que ces listes sont basées sur nos connaissances actuelles et qu’elles reposent sur les collections et les observations de terrain réalisées à ce jour et sont dès lors incomplètes. Un bref aperçu de l’origine des collections au Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC) montre, en outre, que le nombre de stations zoologiques où des spécimens ont été collectés dans la province du Maniema reste très limité. D’autre part, il faut également tenir compte du fait que ces collections sont « historiques » et qu’en conséquence, elles ne donnent pas nécessairement une image fidèle de la composition de la faune aujourd’hui. Les premières collections du MRAC datent de la fin du xixe siècle. Il est donc possible que des espèces qui apparaissaient autrefois à un endroit déterminé n’y soient plus présentes actuellement. Les causes de la disparition d’espèces sont liées à la pression croissante des populations humaines. Cette influence de l’homme peut prendre différentes formes. Sous l’effet de la chasse ou de la perte de leur habitat (déboisement, assèchement des marais, etc.), des populations peuvent disparaître et des espèces peuvent même, dans des conditions extrêmes, s’éteindre totalement.

 

Écologie

 

La plupart des animaux sont attachés à un habitat ou un biotope spécifique. Parmi les animaux terrestres, il y a par exemple des espèces que l’on retrouve uniquement dans les forêts tropicales humides (comme l’okapi ou le paon du Congo), tandis que d’autres sont adaptées à la savane ou à la montagne. De même, parmi les animaux aquatiques, certaines espèces marquent clairement leur préférence pour un habitat bien déterminé. Il faut donc en tenir compte en examinant les listes d’espèces. C’est ainsi que la plupart des espèces se retrouvent non dans l’ensemble de la province, mais seulement dans une zone bien déterminée avec un habitat spécifique. La province du Maniema comporte une grande variété de biotopes : cela va des forêts humides de basse altitude dans le nord de la province à la savane faiblement ou plus densément arborée dans le sud. Le sud-est de la province, plus montagneux, fait partie, quant à lui, du « rift Albertin».

 

 

Parcs nationaux et réserves

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Deux des parcs nationaux congolais se trouvent en partie sur le territoire de la province du Maniema. Il s’agit des parcs Maiko et Kahuzi-Biega, tous deux situés dans le nord-est de la province. Dans le cas du parc Maiko, environ un tiers se trouve dans la province du Maniema, tandis que pour le parc Kahuzi-Biega, seule une petite partie se situe dans cette province.

Ces deux parcs jouent un rôle très important dans la protection et la survie d’un certain nombre d’espèces menacées, parmi lesquelles plusieurs primates (chimpanzé et gorille des plaines) et des oiseaux comme le paon du Congo.

Outre ces parcs nationaux, la province compte aussi plusieurs réserves. L’une d’elles se situe le long de la rivière Lomami, à la frontière occidentale de la province ; une autre réserve est située le long du fleuve Lualaba, entre la ville de Kindu et la frontière sud de la province ; enfin, dans le sud-est de la province, une zone est en partie délimitée comme réserve animalière et comme domaine de chasse.

 

La diversité des vertébrés dans la province du Maniema

 

Poissons

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En ce qui concerne les poissons, les listes d’espèces sont entièrement basées sur une série de cartes de distribution portant sur l’ensemble des poissons d’eau douce du Congo (ces cartes de distribution ont été réalisées au sein du laboratoire d’ichtyologie du MRAC). Ces cartes ont été établies et mises à jour à partir de données obtenues de FishBase (www.fishbase.org) et de la littérature. La plupart des espèces de la liste ont été recueillies à l’intérieur des frontières de la province. Par ailleurs, un certain nombre d’espèces recueillies en dehors de la province ont également été ajoutées à la liste. Ces espèces sont soit largement répandues dans le Haut Congo (il s’agit de la partie du fleuve  Congo en amont de Kisangani), soit ont été recueillies non loin des frontières de la province du Maniema, dans des affluents débouchant dans le fleuve Lualaba à l’intérieur de la province. La présence de ces espèces à l’intérieur de la province même est par conséquent hautement probable.

En ce qui concerne les poissons, la faune est dominée au Congo et donc aussi dans la province du Maniema par une série d’ordres ou de familles.

L’ordre des Characiformes est l’un des plus riches en termes d’espèces dans le bassin du Congo et est dominé par les familles des Alestiidae et des Distichodontidae. Le genre Hydrocynus (poisson-tigre) fait partie de la famille des Alestiidae. Le poisson-tigre est le plus grand poisson prédateur du bassin du Congo. Il se caractérise par un corps fuselé et par une large bouche pourvue de dents acérées et fortement développées.

La famille des Cyprinidés ou carpes (dans l’ordre des Cypriniformes) comprend plusieurs genres. Deux d’entre eux comportent de nombreuses espèces : le genre Barbus qui regroupe principalement les petits barbeaux, et le genre Labeo dans lequel on retrouve une série d’espèces de plus grande taille. Bien que ces deux genres regroupent de très nombreuses espèces, celles-ci sont souvent fort semblables et donc difficiles à identifier.

La famille des Mormyridés ou poissons-éléphants (dans l’ordre des Osteoglossiformes) comprend une série d’espèces caractérisées entre autres par la présence d’un organe électrique. Cet organe se trouve à la base de la queue et peut émettre des impulsions électriques. Leur tête est dotée de récepteurs avec lesquels ils peuvent capter ces impulsions électriques. Ces impulsions leur permettent de s’orienter et de détecter leur proie (ce système est donc comparable au système d’écholocation des chauves-souris) et servent aussi à la communication entre individus de la même espèce. La forme des impulsions est différente pour chaque espèce, si bien que ces animaux sont capables de faire la distinction entre des impulsions émises par des membres de leur espèce (partenaires potentiels) et des individus appartenant à une autre espèce.

L’ordre des Siluriformes (poissons-chats) comprend différentes familles qui présentent une grande variété sur le plan morphologique et écologique. Les poissons-chats se caractérisent entre autres par l’absence d’écailles sur le corps et la présence de barbillons parfois très longs au niveau de la bouche et du menton. Le genre Clarias (famille des Clariidae) a une importance commerciale considérable. Différentes espèces sont fréquemment utilisées en aquaculture en raison du fait qu’elles présentent une grande tolérance par rapport à leur environnement et peuvent être élevées en grandes densités.

Tout comme les poissons-chats, les espèces de la famille des Cichlidae (dans l’ordre des Perciformes) présentent une grande variété morphologique et écologique. La plupart des espèces sont fortement adaptées à un habitat spécifique (type de sol ou de végétation particulier, rapides…). Dans cette famille, les soins apportés à la progéniture sont très développés et très variés. Il y a les pondeurs sur substrat qui déposent leurs œufs sur le sol ou la végétation et qui continuent par la suite à protéger leurs œufs ainsi que les juvéniles. Il y a ensuite les incubateurs buccaux spécialisés : les femelles dans certains cas, les mâles dans d’autres, ou encore les individus des deux sexes conservent les œufs et les juvéniles dans la bouche afin de les protéger contre la prédation. La perche du Nil (Oreochromis niloticus et les espèces apparentées) est très importante économiquement.

Ces espèces sont souvent utilisées en aquaculture et sont ainsi bien souvent introduites dans des régions où elles n’étaient pas présentes à l’origine. L’Oreochromis niloticus qui, excepté le lac Tanganyika, n’est pas présent dans le bassin du Congo, a été introduit en de nombreux endroits où il entre en compétition avec les Cichlidae d’origine, qu’il finit bien souvent par évincer.

 

 Amphibiens et reptiles

 

La liste des amphibiens et reptiles a été constituée à partir des données des collections présentes au MRAC. Seules les espèces capturées dans la province ont été reprises dans la liste.

Les connaissances taxinomiques relatives aux grenouilles (amphibiens) sont problématiques. Étant donné que les spécimens conservés dans les collections sont souvent fort similaires sur le plan morphologique et qu’aucune information n’est disponible quant aux cris et aux motifs de couleur, bon nombre de ces spécimens sont difficiles à identifier. Pour mettre au point la classification de ce groupe, il est indispensable de recueillir des informations sur le terrain concernant les motifs de couleur et leur variabilité à l’intérieur d’une espèce. En outre, il convient aussi de documenter le cri du mâle et de déterminer quels individus s’accouplent entre eux.

Les amphibiens (parmi lesquels les grenouilles) ont souvent un cycle de vie qui comporte deux phases distinctes. Les juvéniles (têtards chez les grenouilles) sont entièrement aquatiques, tandis que les individus adultes se meuvent aussi bien dans l’eau que sur terre. De nombreuses grenouilles arboricoles vivent même l’entièreté de leur vie hors de l’eau. Les grenouilles ayant une peau fortement perméable (la respiration se fait ainsi principalement par la peau), elles constituent aussi d’importants bioindicateurs. En cas de pollution du milieu aquatique, elles sont souvent les premières espèces à disparaître. Sous l’effet de la pollution et de l’infection fongique croissante, de nombreuses espèces sont menacées au niveau mondial, si bien que nombre d’entre elles figurent sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

 

Oiseaux

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Le Paon du Congo (Afropavo congensis) 

 

Pour la composition de la liste des espèces d’oiseaux, différentes sources ont été utilisées. Une partie de la liste des espèces est basée sur les spécimens de la collection du MRAC qui ont été recueillis dans la province. D’autre part, une série d’espèces ont été ajoutées sur la base des listes d’espèces établies pour les parcs nationaux du Congo, parmi lesquels Maiko et Kahuzi-Biega. Il est vraisemblable que parmi ces dernières espèces, certaines ne se retrouvent pas dans la province, si bien qu’elles ont été représentées dans le tableau avec différents symboles. Les espèces que l’on retrouve plutôt dans un environnement montagneux ne sont probablement pas présentes dans la province du Maniema, mais plutôt dans les parties plus orientales des deux parcs nationaux, qui sont plus élevés en altitude et font partie du « rift Albertin ». La nomenclature pour les oiseaux respecte celle qui est donnée dans Avibase (2009).

L’une des espèces d’oiseaux les plus remarquables dans la liste est le paon du Congo. Cet animal rare et farouche (statut vulnérable ; tendance de la population : décroissante, selon la liste rouge de l’UICN37) est endémique pour le bassin central du Congo et est du reste l’unique espèce de paon du continent africain, tous les autres paons trouvant leur origine en Asie. Chapin, un collaborateur de l’American Museum of Natural History, a découvert les premières plumes de cette espèce sur un chapeau congolais lors d’une expédition dans la région de l’Ituri (1909-1915). Ces plumes appartenaient à un gallinacé inconnu de grande taille, et même après avoir consulté différents collègues, Chapin n’était pas parvenu à identifier l’espèce. Ce n’est qu’en 1936, lors d’une visite au MRAC, qu’il découvrit par hasard deux spécimens empaillés appartenant à cette espèce. Les deux spécimens étaient inscrits en tant que Pavo cristatus (le paon bleu bien connu et largement répandu), l’hypothèse étant que ces deux exemplaires avaient été introduits en Afrique et ne faisaient donc pas partie de la faune africaine. Chapin fut le premier à les identifier en tant que nouvelle espèce et les décrivit en 1936 en tant que Afropavo congensis, un nouveau genre et une nouvelle espèce endémiques pour le continent africain.

Dans la collection d’oiseaux du MRAC se trouvent deux spécimens de l’espèce Grus carunculatus (grue caronculée) recueillis à Kindu en 1938. Ces grues sont les plus grandes de l’Afrique et les plus attachées à l’eau. Les grandes formations d’herbe et de carex dans les zones de crues constituent leur lieu de fourrage et de reproduction, tandis que les petites zones de crues ne sont utilisées qu’à titre temporaire. Alors que l’espèce est présente en différents endroits dans le sud de l’Afrique (par exemple le Banguelu et le Mweru en Zambie, le delta de l’Okavango et les cuvettes de Makdigadi au Botswana), on sait peu de choses de sa situation exacte en RDC. En RDC, elle est en tous les cas présente au Katanga. La capture de Kindu est cependant située bien plus au nord et dans une zone où l’on ne trouve plus actuellement d’habitat adéquat. Dans la mesure où les zones de couvaison potentielles pour la grue caronculée se sont raréfiées et où cette espèce s’est vue attribuer le statut « vulnérable » (tendance de la population : en décroissance) par l’UICN38, il est important de mettre en lumière la distribution historique de cette espèce.

 

 Mammifères

Pour la composition des listes de mammifères pour la province du Maniema, différentes sources ont été utilisées également. Une première liste a été constituée à partir de la banque de données des mammifères du MRAC. Ensuite, une série d’espèces ont été ajoutées sur la base des faunes mammaliennes. Pour les chauves-souris (ordre des Chiroptères), une liste a été établie sur la base des cartes de distribution de l’« African Chiroptera Report ».

Pour une série de grands mammifères, grâce à l’importance qu’ils revêtent dans la préservation de la nature, nous disposons de données récentes sur leur présence et leur nombre dans les parcs nationaux Maiko et Kahuzi-Biega. Ces données sont fournies et commentées plus en détail ci-dessous. C’est ainsi qu’en 2006, une étude de la faune a été réalisée dans une zone limitée du parc national Maiko. Cette zone, située dans le sud du parc, est appelée bloc OSO et est entièrement située dans la province du Maniema40.

 

1) Gorille

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Dans les plaines de l’est du Congo, on trouve une sous-espèce endémique de gorilles : Gorilla beringei graueri. Celui-ci se distingue du gorille occidental (Gorilla gorilla gorilla), présent uniquement en Afrique centrale occidentale, à l’ouest du fleuve Congo et de la rivière Ubangi, et du gorille de montagne montagnes de la région de Kivu. Ce gorille se retrouve aussi bien dans le parc Maiko que dans le parc Kahuzi-Biega. La présence de gorilles dans deux zones du bloc OSO a été confirmée dans l’étude de 2006 et aucune tendance à la baisse n’a été clairement décelée par rapport à une étude de 199041. Les gorilles, toutefois, se manifestent toujours en nombre assez limité et de manière très localisée. Cette espèce (statut : en danger ; tendance de la population : décroissante, selon la liste rouge de l’UICN42) est toujours menacée, ceci sous la pression, entre autres, de petites implantations d’agriculteurs, de l’exploitation minière et de la chasse43. Ces mêmes facteurs ont aussi, bien entendu, un impact similaire sur la survie des autres espèces décrites ci-dessous.

 

2) Chimpanzé

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Le chimpanzé Pan troglodytes schweinfurthii (qui, comparativement aux gorilles, présente une distribution relativement grande dans les forêts humides d’Afrique centrale et occidentale) est présent lui aussi dans les deux parcs nationaux. Dans le bloc OSO étudié récemment, le chimpanzé est assez largement présent et en plus grand nombre que le gorille, et tout comme pour le gorille, aucune tendance à la baisse n’a été observée dans les chiffres par rapport à l’étude de 199044. Selon la liste rouge de l’UICN, le statut du chimpanzé est : en danger ; tendance de la population : décroissante45.

Sur la liste rouge de l’IUCN, aucune différence n’est faite entre les sous-espèces reconnues de Gorilla beringei et Pan troglodytes. Le statut des sous-espèces peut, de ce fait, être différent de celui défini sur le site de l’IUCN. Certaines sous-espèces connaissant une distribution très limitée (comme Gorilla beringei graueri) peuvent ainsi être encore plus menacées que leur statut sur le site de l’IUCN ne le laisse présager.

 

3) Éléphant

Lors de l’étude menée dans le bloc OSO, peu d’éléphants ont été identifiés et toujours à bonne distance des implantations humaines. La comparaison avec les recensements de l’étude de 1990 a cette fois clairement montré une tendance à la baisse quant au nombre d’individus et à la taille des zones dans lesquelles des éléphants ont été observés. Bien que l’éléphant ne soit pas globalement menacé, certaines populations locales comme celles des parcs nationaux de Maiko et Kahuzi-Biega sont, elles, fortement menacées.

 

4) Okapi

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L’Okapi n’a été observé qu’au nord de la rivière Oso, dans le bloc OSO. La rivière Oso forme donc l’extrémité sud de la zone de distribution de cette espèce, que l’on ne retrouve donc pas dans le parc national Kahuzi-Biega. Dans sa zone de distribution à l’intérieur du parc national Maiko, l’okapi est assez commun. Ceci confirme une fois encore l’importance de ce parc national pour la protection et la survie de cette espèce (Okapia johnstoni : statut : presque menacé d’extinction ; tendance de la population : stable, selon la liste rouge de l’UICN46)47.

 

5) Léopard

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Le léopard présente une assez large distribution à l’intérieur du parc national Maiko. La plupart des observations ont été réalisées dans les zones du parc où les proies du léopard (petites antilopes et cochons) sont également présentes en grand nombre48. Le fait qu’un prédateur comme le léopard soit présent dans le parc est un signe que le parc est relativement sain sur le plan écologique. Le parc est suffisamment grand et offre suffisamment de nourriture pour la subsistance de populations d’animaux servant de proies qui, à leur tour, sont suffisamment grandes pour la subsistance d’un grand prédateur comme le léopard (Panthera pardus : statut : presque menacé d’extinction ; tendance de la population : en décroissance, selon la liste rouge de l’UICN49).

 

 

OCCUPATION ET ORGANISATION SOCIO-ADMINISTRATIVE DU MANIEMA

 

1. Occupation 

 

1.1. Le peuplement du Maniema 

 

Groupes ethniques

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La Province du Maniema est peuplée uniquement des Bantous composés de trois groupes ethniques selon les anthropologues et les historiens (J. Abemba, 1995). Le premier groupe se compose d’une mosaïque de lignages comportant les Binja- Sud, Buyu, Songye, Hemba, Mikebwa et les sous-groupes comme Nonda, Mamba Kasenga et Kwange. Ces groupes seraient les fractions migrées du grand complexe Luba à cause de leurs affinités culturelles avec les Luba du Katanga.

Le second groupe appartenant à l’ensemble Ana- Mongo comprend les Kusu, Ombo, Langa, Ngengele, Bindja- Kuna (Wazimba), Samba. Le troisième groupe est venu de l’ancien royaume du Bunyoro et englobe les groupes Kumu, Rega, Mituku, Lengola et Bindja- Nord.

 

1.2. Histoire et héritages 

 

Le Maniema est aujourd’hui une entité administrative. Elle a été détachée des deux Kivu (Nord et Sud) en 1988. Trois articulations distinctes marquent son histoire : celle des Arabo-Swahilis, celle de la colonisation belge et celle qui débute avec l’indépendance du Congo.

 

 

1.2.1. Les Arabo-Swahilis : une page de l’histoire du Maniema

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L’appellation des traitants esclavagistes venus des côtes africaines de l’océan Indien n’a pas toujours fait l’unanimité. Certains auteurs les ont désignés sous le vocable d’« Arabes » [(Cornet, R. J. 1952 ; Ceulemans, P. 1959 ; Abel, A. 1960 ; et même Verhaegen, B. 1969)]. D’autres, notamment les explorateurs, les appelaient Wa Swahili ou Wa-Souahéli [Livingstone, E. Foa, Cameron]. Ndaywel I. (1998) les appelle Swahilis. Kimena Kekwaka (1984) et F. Kabemba Assan (1987) utilisent le terme d’Arabo-swahilis. L’aire historique swahilie s’est propagée à partir de la côte orientale de l’Afrique en fonction de la recherche de l’ivoire et des esclaves, et s’est étendue au Maniema vers le milieu du xixe siècle.

À cette époque, l’approvisionnement de la côte en ivoire et en esclaves a été compromis par les guerres et les mahongo (droit de passage) instaurés par des chefs africains. Les Arabo-Swahilis se virent dès lors obligés d’étendre leur zone d’exploitation. Dès les années 1835- 1840, des populations habitant la rive occidentale du lac Tanganyika (Bembe, Vira …) commerçaient déjà avec les Arabo-Swahilis. À cette époque, ceux-ci étaient établis à Ujiji sur l’autre rive du lac Tanganyika. Dans la seconde moitié du xixe siècle, les Arabo-Swahilis étendirent leur zone d’exploitation à l’intérieur du continent. Ils s’établirent à Tabora à partir d’où ils pénétrèrent dans la région du lac Tanganyika et au Katanga. Le Maniema, qui était riche en ivoire, fut atteint par l’expansion des Arabo-Swahilis à cette époque.

Leurs expéditions, qui pénétrèrent au Maniema vers 1858-1860, partirent de Mtoa en passant par la région des Bembe. À l’intérieur du Maniema, l’installation des AraboSwahilis s’effectua en trois temps. D’abord ils s’établirent au sud chez les Bangubangu, Benye Mamba, Zula et Kwange. À partir des années 1865, les Arabo-Swahilis se dirigèrent vers le nord et le centre du Maniema. De chez les Binja, ils atteignirent la région des Lega et des Songola. C’est de là qu’ils arrivèrent chez les Komo et les Langa.

L’installation des Arabo-Swahilis à Nyangwe était dictée par des raisons économiques, même si des facteurs politiques locaux y ont contribué. Informé de leur arrivée à Mwanakusu et surtout de l’efficacité de leurs armes, le chef Lualaba Nongoya Kipopo de Kimbelenge invita les Arabo-Swahilis à venir chez lui. Il leur affirma que sa région était riche en ivoire, que la sécurité était assurée et exclues les attitudes belliqueuses de Benye Mbale, un clan rival avec lequel il était souvent en conflit. Il persuada les chefs Kasongo Luhusu, Marungu Makombe ou Katende Telwa de laisser passer les Arabo-Swahilis. Assez vite, aidé par les Arabo-Swahilis, il atteignit son but en organisant une expédition contre les Benye Mbale qu’il soumit. Après un séjour passé chez Pene Buki, Mukandilwa et Tambwe Mwimba, apparentés à Nongoya Kipopo, les Arabo-Swahilis sollicitèrent de ce dernier un appui pour aller résider dans ces villages situés à l’embouchure de la rivière Kunda et au bord du fleuve Lualaba où se tiennent à proximité des marchés comme Tanganyika, Malela et Nyangwe64.

Mwinyi Dugumbi, un traitant zanzibarite réussit avec son compagnon — un autre zanzibarite nommé Abed bin Salim à pénétrer dans le Maniema via Ubwari, et s’installa à Nyangwe vers 186065. Selon I. Ndaywel, le choix de ce lieu fut probablement motivé par l’existence d’un grand marché périodique où il était interdit de commettre un quelconque acte hostile envers ceux qui s’y rendaient ou qui en revenaient66. Plus tard, sous le régime des AraboSwahilis venus à la suite de ces premiers pionniers, ce centre deviendra le principal marché des esclaves dans le Maniema.

Les négociants zanzibarites étaient les bienvenus parce qu’ils fournissaient aux autochtones des articles tels que des fusils et de la poudre, mais également des tissus, des perles et d’autres produits de beauté.

De Nyangwe, les traitants arabo-swahilis pénétrèrent dans la grande forêt équatoriale du nord du Maniema. Après quelques années, les relations entre les natifs et les Arabo-Swahilis se dégradèrent, surtout lorsque ceux-ci, propriétaires des établissements d’une certaine importance, voulurent s’immiscer dans les affaires politiques des autochtones et imposer leur volonté afin de protéger leurs intérêts commerciaux. Dès ce moment, les principaux traitants arabo-swahilis installés dans le « Maniema historique » entamèrent une véritable économie de prédation, se livrant à des campagnes de razzia d’esclaves et d’ivoire.

Le plus important et le plus puissant de ces traitants fut sans conteste Tippo-Tip. De son vrai nom Hamed-BenMohamed el-Mujerb, il s’agit d’un métis né à Zanzibar de l’union de Juma-Ben-Rajab, un Arabe de Mascate venu à Zanzibar pour y chercher fortune, et d’une autochtone de la côte67. Très entreprenant, endurant et tenace, il parcourut presque toute la partie est du bassin du Lualaba depuis le Katanga jusqu’aux Stanley-Falls (Kisangani) en passant par le Kasaï et le Maniema, réussissant à mettre sous sa coupe d’immenses territoires. P. Ceulemans délimite ses « possessions » de la manière suivante :

« Les possessions de

étaient situées aux environs de Stanley-Falls, à Kasongo, sur toute la rive gauche du Congo jusqu’à Isangi, et au confluent du Lomami et du Congo68

 

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Tippo Tippo

Tippo-Tipo établit sa capitale à Kasongo dans le Maniema méridional qui, selon lui, occupait une position centrale par rapport à toutes ses possessions. Mais il n’y demeura pas souvent, car ses activités le poussèrent à voyager énormément. C’est lui personnellement qui aida Stanley à descendre le Lualaba jusqu’aux Stanley-Falls. Son remarquable sens de l’organisation et sa puissante emprise sur ses territoires poussèrent d’ailleurs les autorités de l’EIC à en faire le wali (gouverneur) de cette contrée du Maniema69. En son absence, c’est son fils Sefu qui gérait ses affaires à Kasongo. Outre son fils, Tippo-Tip confia aussi la gestion de ses possessions aux membres et aux proches de sa famille. Ainsi, comme l’évoque P. Ceulemans, il installa comme sultani (sultans ou encore dignitaires) dans d’autres centres70 :

– son neveu Rachid, qui le remplacera comme gouverneur à Stanley-Falls en 1890 ;

– son fils adultérin Selim-Ben-Massudi et son demi-frère Mohamed-Ben-Saïd-Ben-HamedBen-Mujerbi, alias Bwana Nzige, père de Rachid résidant aux Falls ;

– son autre fils adultérin, Selim-Ben-Hamed, et son gendre Saïd, qui s’installèrent à Yambinga ;

– son neveu Abibu-Ben-Saïd qui occupa pendant un temps le poste d’Isangi sur le Lomami ;

– son autre neveu Saïd-Ben-Ali, qui s’établit à Yambuya sur l’Aruwimi.

En dehors de sa famille, Tippo-Tip eut également recours à certains de ses fidèles sujets pour gérer ses affaires. Parmi eux, citons71 :

— Mohamed-Ben-Ghalfan alias Rumaliza, ancien sujet devenu plus tard associé qui résida à Ujiji et commanda tous les postes sur le lac Tanganyika ;

– Ghalfan-Ben-Zohar qui opéra dans l’Itimbiri au Nord-Ouest.

Mais il n’y a pas que les Arabo-Swahilis que Tippo-Tip utilisait. Certaines affaires étaient également confiées à des serviteurs autochtones de la côte, notamment à :

– Ali-Mohamed (alias KarondaMirambo), homme de confiance de Tippo-Tip qui opéra au nord de l’Aruwimi ; — Kipanga-Panga et Mawute qui opérèrent sur l’Uélé ;

– Mirambo qui opéra sur le Bomokandi ;

– Mwinyi-Mania qui opéra sur le Maringa ;

– Chibou et Senia qui dirigèrent les esclaves sur les plantations des Falls. Tippo-Tip ne fut pas le seul chef araboswahili du Maniema. Un autre chef aussi puissant, métis comme lui, fut MwinyiMtagamoyo-Ben-Sultani, alias Mwinyi-Mohara. Il vivait à Nyangwe. Ses possessions s’étendaient entre la rivière Kasuku et la localité de Nyangwe, ainsi que sur les régions comprises entre les localités de Faki et Yanga sur le Lomami. Il avait, comme associés, son fils Mwinyi Pemba établi à Chari sur la Lomami, et son sujet Mzelela, qui résidait à Riba-Riba (actuellement Lokandu). Contrairement à Tippo-Tip, Mwinyi-Mohara n’a jamais coopéré avec les autorités de l’EIC. Bien au contraire, il les combattit et fut à la base du massacre de l’expédition Hodister. Après la chute de Kabambare aux mains des troupes de l’EIC, il s’enfuit et fut tué à la bataille de Goia-Kapopa72.

La carte de dispersion des lieutenants de Tippo-Tip ci-dessous montre qu’il y eut débordement de l’espace initialement désigné par les explorateurs comme constituant le Maniema. Beaucoup d’historiographes des Arabo-Swahilis, dont P. Ceulemans, n’hésitent d’ailleurs pas à associer le « domaine » de Tippo-Tip et de ses lieutenants au Maniema historique.

Le Maniema sous la domination belge

 

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1) Le Maniema dans l’historiographie belge

Avant que le Maniema ne fasse l’objet d’études pendant les périodes de l’EIC et de la colonisation, il fut évoqué dans les narrations des voyageurs vers la fin du xixe siècle. Livingstone le mentionne dans ses écrits quand il associe cette contrée au commerce des esclaves arabo-swahilis.

H. M. Stanley en parle également dans ses récits de sa traversée du Congo, de même que Cameron et E. Foâ. Parmi tous les écrits de l’époque coloniale, il en est deux qui donnent un bon aperçu des connaissances sur le Maniema et qui demeurent, de nos jours encore, des ouvrages de référence. Le premier est celui de R. J. Cornet85. Ce livre a été rédigé à la demande de la société minière Symétain pour commémorer ses vingt ans d’existence, en 1952. L’auteur a tenté d’y retracer l’histoire de la pénétration étrangère au Maniema depuis les Arabo-Swahilis esclavagistes jusqu’à la colonisation belge et la mise en valeur du sol et du sous-sol.

Le second livre est un ouvrage collectif comprenant une série d’articles rédigés sous la direction du même R.  J.  Cornet86 et consacrés essentiellement à la société Symétain installée dans le Maniema septentrional et forestier. L’ensemble des textes publiés dans cet ouvrage donne un aperçu global de ce qu’était la concession Symétain et de ses différentes activités dans le Maniema septentrional de 1932 à 1952.

Ces deux livres relatent l’essentiel de ce qu’ont été les activités de la colonisation belge et de ses agents au Maniema depuis la lutte contre la traite des esclaves des Arabo-Swahilis jusqu’à la mise en valeur par la colonie.

Outre ces deux ouvrages de référence, signalons l’existence de nombreuses autres études datant de l’époque coloniale ayant traité du Maniema sous forme d’articles, de communications, de rapports, de mémoires ou de monographies. Une large documentation sur différents aspects de la colonisation au Maniema ou sur sa population peut également être consultée dans bon nombre de revues coloniales88.

 

2) Le Maniema sous l’occupation de l’EIC et la colonisation belge

 

Lors de son expédition entamée en novembre 1874 à partir de la côte de l’océan Indien, Stanley traverse le Maniema. Il atteint le Lualaba en 1876, et reçoit l’aide de Tippo-Tip dans sa reconnaissance du cours du LualabaKongo.

C’est avec la « campagne arabe » déclenchée en 1892 que l’État indépendant du Congo (EIC), qui a été reconnu en 1885, assurera sa domination sur le Maniema aux dépens des Arabo-Swahilis. La région était alors sous l’autorité de Sefu, le fils de Tippo Tip. Les forces de l’EIC s’emparèrent de Nyangwe en mars 1893 et de Kasongo en avril. Dans l’historiographie officielle, la campagne arabe sera présentée comme une campagne antiesclavagiste. En 1889, l’entreprise de Léopold II en Afrique centrale avait d’ailleurs reçu le soutien de l’Association antiesclavagiste belge. En réalité, la campagne fut provoquée par les rivalités entre agents de l’EIC et chefs arabo-swahilis ou arabisés pour le contrôle de territoires et de leurs ressources en hommes et en ivoire. Du fait que les troupes de l’EIC (la troupe régulière de la Force publique et surtout les troupes auxiliaires beaucoup plus nombreuses) vivaient dans le pays et du fait que le « système arabe » s’était démantelé, la campagne eut de lourdes conséquences pour la population du Maniema. Le commandant Dhanis, à la tête des troupes de l’EIC au Maniema, allait s’efforcer d’intégrer les « Arabisés » à son entreprise d’exploitation et, dans une certaine mesure, de reconstruction des territoires conquis.

Après la campagne antiesclavagiste, la politique adoptée par Léopold II visa la mise en valeur des territoires ainsi conquis. Plusieurs facteurs l’y poussaient : des facteurs économiques d’abord, l’est du Congo étant marginalisé dans les projets d’investissement, l’essentiel des capitaux s’orientant vers l’ouest comme ce fut le cas avec la Compagnie du Congo pour le commerce et pour l’industrie (CCCI) ; les résultats de nombreux voyages scientifiques au Katanga, ensuite, étant donné qu’elles venaient d’y mettre à jour d’immenses richesses minières ; enfin, les préoccupations de Léopold II, qui rêvait d’un débouché sur le Nil, ce qui portait son attention sur le nord-est du Congo.

Pour réaliser ses objectifs, il fallait à Léopold II de très grands moyens financiers. Sa fortune était certes considérable, mais ses ambitions étaient largement au dessus de ses moyens. Il dut alors chercher des appuis et négocier des alliances pour obtenir des fonds. Or, il lui était difficile de les trouver sur les marchés internationaux à cause du traitement réputé inhumain dont ses agents étaient accusés envers les Congolais ; d’autre part, il ne pouvait pas non plus en attendre de la Belgique qui boudait son ambitieux projet. Il lui restait une ouverture, c’est celle des milieux financiers belges. C’est ainsi qu’il s’adressa, entre autres personnes, à Albert Thys d’abord pour les chemins de fer MatadiLéopoldville et pour les investissements dans les mines du Katanga, et à Édouard Empain ensuite pour les chemins de fer du Maniema.

 

1.2.3. Le Maniema : de l’indépendance à la mise en place des institutions de la IIIe République

 

L’histoire politique du Maniema depuis la décolonisation peut être divisée en 4 périodes :

– le Maniema de la décolonisation et du premier régime congolais (1959-1965) ;

– le Maniema pendant le second régime (1965-1997) ;

– le Maniema pendant le régime de Laurent Désiré Kabila et durant la transition (2001-2006) (1997- 2006) ; — le Maniema au début de la IIIe République.

 

1) Le Maniema de la décolonisation et du premier régime congolais (1959-1965)

 

Selon B. Verhaegen, l’histoire politique du Maniema pendant le premier régime congolais peut être synthétisée en deux grandes périodes. La première est celle qui va de 1959 à 1961. Elle se caractérise par la montée des mouvements nationalistes et, ensuite, par la mort de Patrice Lumumba en janvier 1961. La seconde période commence vers la fin de 1961 et se termine par le coup d’État de 1965. Elle se caractérise, d’une part, par un duel opiniâtre entre les « nationalistes » et les « modérés » et, d’autre part, par un drame, celui de la rébellion des Simba en 1964.

a) La montée des mouvements nationalistes au Maniema : 1959-1961

De toutes les formations politiques qui ont évolué au Maniema, trois seulement ont marqué sa vie politique entre 1959 et 1961. Il s’agit, par ordre d’importance, du MNC/ Lumumba, du Cerea de Kashamura105 et du PNP de Bolia.

La présence effective du MNC/Lumumba au Maniema peut être datée de janvier 1960 après le Congrès des unitaristes à Bukavu. Ce Congrès, convoqué par le MNC/L, se voulait une réponse au Congrès des partis fédéralistes qui avait eu lieu à Kisantu au début du même mois. Il permit au parti lumumbiste de s’affirmer à Bukavu et de continuer son implantation dans certains territoires du Maniema.

 

 La rébellion des Simba de 1964

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La rébellion des Simba au Maniema a été largement étudiée par Benoît Verhaegen132. Il suffit dès lors de mentionner que le phénomène des rébellions, aux allures de jacqueries, a commencé au Kwilu avec Pierre Mulele en 1963, puis s’est développé à l’est du Congo dans la plaine de la Ruzizi avec Gaston Soumialot avant d’atteindre le Maniema en 1964. Alors qu’au Kwilu cette rébellion s’est appelée mulélisme, au Maniema les rebelles vont porter le nom de Simba. Malgré leur rapprochement dans le temps et leurs pratiques idéologiques, les deux rébellions n’auraient pas eu de contacts entre elles.

Si la rébellion s’est développée à l’est, son origine politique est la création à Brazzaville du CNL — Conseil national de libération après la fermeture du Parlement national par le président Kasa-Vubu. L’idéologie de base de ce courant (CNL) s’inscrivait dans la philosophie nationaliste lumumbiste qui considérait que l’indépendance du Congo était menacée par les intérêts étrangers considérés comme supports du néocolonialisme. Un groupe d’envoyés du CNL à l’est, sous la direction de G. Soumialot originaire du Maniema , ouvrit un front à Bujumbura, front qui déclenchera dès février 1964 l’insurrection suivant trois axes :

– dans la plaine de la Ruzizi, avec le chef Marandura et Louis Bidalira, deux leaders ethniques des Fulero et des Vira ;

– en direction de Kalemie avec Laurent Kabila, natif du Nord-Katanga ;

– en direction du Maniema avec Gaston Soumialot et Nicolas Olenga

 

 

 

Tourisme

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La province du Maniema possède plusieurs sites touristiques qui pourraient générer des recettes dans la province s’ils étaient exploités de façon rationnelle. Chaque entité territoriale possède ses propres sites. « Un des plus grands jardins qui soient sur cette terre. En effet, toutes les provinces recèlent des paysages, des cours d’eau, des chutes ainsi qu’une flore et une faune abondante, variée et d’une beauté incomparable. » Il y a lieu de rappeler qu’à l’époque coloniale entre 1935 et 1959 fonctionnait l’Office national du tourisme du Congo dont le rôle principal était l’annonce publicitaire des sites touristiques du Congo, l’accueil et l’organisation des visites des touristes, notamment européens. Mais durant le premier quinquennat de l’indépendance, les troubles et les tensions furent tels que le tourisme souffrit énormément. Le régime mobutiste essaya d’améliorer la situation en créant l’Office national du tourisme ONT. Mais la forte centralisation de l’État et la mauvaise gouvernance caractéristique du régime de Mobutu ne devaient pas favoriser le développement du tourisme.

Au Maniema, sans que l’inventaire soit complet, les sites suivants sont susceptibles de retenir l’attention d’un point de vue touristique.

 

1. 1 Territoire de Kabambare

L’histoire du territoire de Kabambare lui offre des atouts touristiques liés aux traces des trafiquants araboswahilis et des explorateurs européens. Parmi les sites potentiels, sont à retenir le Boma ou bastion de Rumaliza, la route des caravanes et des explorateurs, les refuges des traitants arabo-swahilis défaits par Dhanis à Kasongo, etc. En plus de ces sites historiques, la réserve naturelle de la Lwama, riche en flore et en faune, les grottes préhistoriques de Tshungu ya mizimu, Libwe ya mwezi, Kalela et Kamilindi, les sommets montagneux de Muhongo, les sources thermales de Kasuku-Lambo, les chutes Miziali et Mugema sur la rivière Lwama, les chutes Agogo sur la rivière Luika et Alima sur le fleuve offrent des potentialités exploitables.

 

1.2. Territoire de Kibombo

Il n’existe pas d’activités touristiques dans le territoire de Kibombo. Mais certains sites pourraient être mis en valeur. Citons, par exemple :

— le lac Ndjale situé à 30 km à l’ouest de la ville de Kindu. Cet endroit magnifique au cœur d’une vallée tire sa spécificité du déferlement de la rivière Kasuku formant un grand étang appelé lac Ndjale, et de la présence d’une grande diversité d’espèces de poissons et d’oiseaux parmi lesquels des marabouts géants, des hérons, des paons, etc. ;

— Kibombo-rive en face de Nyangwe, l’ancienne citadelle des traitants arabo-swahilis ;

— les chutes de Kamimbi sur le fleuve Lualaba à 37 km en amont de Kindu qui constituent aussi une potentialité hydro-électrique.

 

1.3. Territoire de Pangi

Il existe beaucoup de curiosités dans ce territoire qui n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque mise en valeur. Tel est le cas des sites suivants

: a) Sites industriels

— centrale hydro-électrique de Luzilukulu de Kalima qui alimente Kindu ;

— atelier électromécanique Sakima Kalima ;

— usines de traitement de minerais à Kalima. 2) Sites naturels

— grotte « Ikozi lya Senge » sur la rive droite de la rivière Elila à Bikenge dans le groupement Keigo, secteur Beia ;

— sources thermales à Lukuka, à Mpembe et à Musiwa dans le secteur Ikama ;

— salines d’Alimasi dans la chefferie Babene ;

— sites de pêche de fretins à Luangamba sur la rivière Elila dans le secteur Beia.

 

 b) Sites naturels

— grotte « Ikozi lya Senge » sur la rive droite de la rivière Elila à Bikenge dans le groupement Keigo, secteur Beia ;

— sources thermales à Lukuka, à Mpembe et à Musiwa dans le secteur Ikama ;

— salines d’Alimasi dans la chefferie Babene ;

— sites de pêche de fretins à Luangamba sur la rivière Elila dans le secteur Beia.

 

c) Sites historiques

— piste des caravanes des esclaves vers Lumuna dans le secteur Wakabangu II ;

— sentier touristique de « Muzi wa Kyungu » au bord de la rivière Kyoloba à Kapela dans le secteur Beia ;

— puits d’extraction de minerais de fer avec fonderie et forge traditionnelle à Kitangi, dans le secteur Ikama ;

— empreinte des pieds sur les dalles de la grotte de Balabanga (Ikozi lya Balabanga) dans la forêt (secteur Wakabangu II).

 

1.4. Territoire de Lubutu

 

Il y a dans le territoire de Lubutu quelques sites touristiques non exploités, notamment :

— chute Mangwe sur la rivière Lubutu, au niveau du village Obongena ;

— chute Otako sur la rivière Otako, non loin du pont ;

— rivière Mabeka sur la rivière Okongo dans le groupement Bando, au niveau du village Ondo ; — lac vert Babengwa sur la rivière portant le même nom, tout près de Tingitingi ;

— mont Maefa à 200 km sur la route Kisangani dans le groupement Banali ;

— mont Magogo à 325 km sur la route Lubutu-Oso ;

— parc national de la Maiko qui se retrouve en grande partie dans la Province-Orientale, la partie située au Maniema étant de faible étendu  et jusque-là sans sites d’accueil pour touristes.

 

Pour servir de support au tourisme, l’hôtellerie devrait être encouragée et les capacités augmentées. Cependant aucune politique de promotion hôtelière n’existe. Les quelques hôtels qui existent, à quelques exceptions près, ressemblent plus à des caravansérails ou des gîtes de passage qu’à de véritables hôtels.

 

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Transports et communications

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La Province du Maniema dispose d’un important réseau routier qui compte plus ou moins 8.300 Km dont 5.300 Km de route de desserte agricole. Il sied de préciser ici que sur ces ± 8.300 Km que compte ce réseau, 177 Km seulement des routes sont revêtues (bitumées), soit 2 % (Kindu – Kalima 67 Km ; Lubutu – Oso 110 Km). Le reste sont des routes en terre ayant atteint jusqu’aujourd’hui un état de dégradation très déplorable qui nécessite des moyens conséquents et une intervention prioritaire et urgente ; et d’ailleurs, moins de 1.000 Km seulement sont aujourd’hui à peine praticables

Le fleuve Congo traverse la Province du Sud au Nord et est navigable sur le tronçon de Kindu à Ubundu, soit 308 km ; le tronçon Kindu -Kibombo – Kasongo n’étant pas navigable. Le transport fluvial était assuré par la SNCC pour relier Kisangani et Kinshasa. Depuis les conflits armés en 1998, ce réseau fluvial n’était plus exploité. Les bateaux de la SNCC demandent une profonde réhabilitation. Certaines rivières offrent également des opportunités pour la navigation. Il s’agit des rivières Elila, Ulindi, Mulongoyi, Lomami dont le trafic du ramassage de produits agricoles est réalisé par les petites embarquements ou les pirogues à pagaie.

La voie ferrée relie Kindu, Chef- lieu de la Province, aux Provinces du Katanga et du Kasaï Oriental. Ce chemin de fer vient d’être réhabilité et remis en service au début de cette année 2004, après plusieurs années d’impraticabilité. Il est le poumon de l’économie du Maniema. En cette situation post-conflit, c’est la seule voie qui redonne effectivement la vie à Kindu et dans la Province. Elle est exploitée par la SNCC et constitue un circuit de commercialisation des produits tant agricoles que manufacturés. Pour le moment, au moins un train opère entre Katanga et Maniema.

La Province du Maniema dispose d’un aéroport national à Kindu et de trois aérodromes gérés par la RVA et le Ministère du Transports et Communication. Il s’agit des aérodromes de Kalima, Kasongo et Punia. Plusieurs pistes d’atterrissage privées sont disséminées dans la Province selon la répartition dans le tableau que voici.

Aucune station de télévision n’est implantée dans la Province, même pas les relais de la RTNC Kinshasa. La population du Maniema ne suit jamais les informations appuyées par les images. A peine cinq stations de Radios sont implantées dans la Province dont certaines sont des stations relais. Toutes ces radios émettent en FM et n’assurent pas une bonne couverture médiatique à toute la population.

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE

1. 1. PNUD/ UNOPS, Monographie de la Province du Maniema, PNSAR, Kinshasa 1998.
2. UNICEF, Enquête Nationale sur la situation des enfants et des femmes MICS2/ 2001, Rapport d’analyse, Kinshasa 2001.
3. MIPRO, Programme- Cadre du MANIEMA avec projection pour l’an 2001, Kinshasa 1996.
4. CTB/AICB, Plan de Développement Local de Zones d’Intervention, Kindu 2004.
5. MERLIN, Enquête Socio- Economique et d’accessibilité aux soins des ménages dans les Zones de Santé de Kindu Maniema, janvier 2004.
6. Division du Plan, Fiche Technique de la Province du Maniema, Kindu 2004.
7. Gouvernorat de Province, Rapport annuel des Territoires du Maniema, Kindu 2004.
8. CRONGD, Plan stratégique du CRONGD Maniema 2002 – 20077, Kindu 2002.
9. Inspection Santé, Plan d’Actions Triennal 2004- 2006 de l’Inspection Provinciale de la Santé, Kindu 2004.
10. Division du Plan, Diagnostic de la Province du Maniema, Kindu 1990.
11. PNUD, Reconstruction Communautaire, Réintégration des ex-combattants et réduction des armes légères en RDC, Kindu 2004.
12. Ministère du Plan, Programme Minimum de Partenariat pour la Transition et la Relance en RDC, Kinshasa, mai 2004. 

 

À lire : Momographie de la province du Maniema (Pdf 153 pages)

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La ville de Kindu chef-lieu de la province du Maniema 

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VILLE DE KINDU (Province Maniema)
Population : 453 941 hab. (2015); Superficie :101 295 km²

HISTOIRE DE LA VILLE DE KINDU
La formation de Kindu ne peut être dissociée des mouvements migratoires qui se sont produits dans la province du Maniema. La ville de Kindu est peuplée d’une population hétérogène ayant suivie les trois mouvements migratoires du XV siècle qu’a connu la province.

Les migrations venues de l’Est ont vue des populations d’origine bantoue occuper le Nord et le centre de la région. Il s’agit des Balega, Balengola, Bakumu-Babira et Wasongola orientaux qui se sont métissés avec les pygmées qu’elles y trouvèrent.

Les migrations venues de l’Ouest et du Nord ont concernées les Mongo (Bakela, Bamelo, Bakusu, Bahombo, Ankutshu, Basongo-Meno, Bakela, Bambelo, Bakutu, Nkunda, Ekonda, Baluba et Balubaïse).

Les migrations venues du Sud comprennent les Basonge, Wazura, Wagenia, Balungu, Mamba, Kasenga, Nonda, Bakwange, Wazimba, Babuyu, Bangubangu, Banyamikebwe, Bahemba, Wazura et Bahombo.

C’est vers 1860 que les commerçants Arabe-swahili s’installent d’abord à Nyangwe et créent plus tard d’autres sites de transit pour le commerce de l’ivoire et d’esclaves, apportant ainsi à la région, la culture Swahili: religion musulmane, mode d’habillement, architecture et pratiques agricoles et laissant un vestige important : le chemin de la caravane, qui jadis permettait aux Arabes d’acheminer de l’or et de l’ivoire en direction de Zanzibar et Udjidi à travers le Lac Tanganyika.

De nos jours, les pratiques de l’Islam sont toujours respectées à Kindu et des vestiges de la présence arabe sont toujours visibles à travers les ruines d’anciennes constructions comme les mosquées faisant de Kindu, un poste avancé de l’Islam en pleine forêt équatoriale.

Ces grands mouvements migratoires ont permis à la ville de se développer à partir d’un petit village de pécheurs, de la tribu Wasongola, dénommé Kindo (expression qui signifie bruits de pas), du nom de la petite rivière qui le traverse.

Ce développement a été accentué pendant la période coloniale, lorsque le Baron Édouard EMPAIN, (Beloeil , 20.09.1852 – Woluwé , 22.07.1929), collabora avec le roi Léopold II au développement économique du Congo, notamment par la création de la Compagnie des chemins de fer des Grands Lacs africains et de ports. Ce partenariat a permis la création, à Kindu, d’un port et d’une gare, reliant Kindu, par voie ferrée au Katanga et par voie maritime à la Province orientale. Ces deux infrastructures ont permis le désenclavement de Kindu et cela a entraîné un afflux de population vers la zone. C’est ainsi que Kindu est désigné chef lieu du district du Maniema (district de la province du Grand Kivu avec Kindu comme chef lieu de district et Bukavu comme Chef lieu) et est communément appelé » Kindu port Empain.

DONNÉES GÉOGRAPHIQUES

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La ville de Kindu est le chef-lieu de la province du Maniema, une jeune ville urbano-rurale de 28 ans, si on la compare à d’autres anciennes villes ; elle a été créée par l’ordonnance n° 88-176 du 15 novembre 1988, la quelle ordonnance a créé aussi la province du Maniema.

Elle est composée de trois communes dont la commune d’Alunguli, celle de Kasuku et la commune de Mikelenge. La ville compte 9 quartiers (trois par commune)

CLIMAT

Le territoire a un un climat de type tropical avec deux saisons (saison pluvieuse et saison sèche) avec une température variant entre 23°C et 35°C

HYDROGRAPHIE

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La ville est traversée par le majestueux fleuve Congo avec quelques petits affluents à la rive gauche comme à la rive droite : les rivières Mikonde, Misubu, Muchado, Mangobo,Kamabala et Kamikunga à la rive droite ainsi que Mikelenge, Mukoloshi, Makopo, Lwandoko, Canon, Rukukuye et Ngwangwata à la rive gauche.

VÉGÉTATION

Sa végétation est très variée, mais l’on y trouve surtout des arbres fruitiers et d’autres arbres plantés dans la ville. Les blocs ruraux sont en partie couverts pas une brousse où se pratique l’agriculture.

SOL

Son sol est argilo-sablonneux et sablo-argileux

PARTICULARITÉS ET RICHESSES DE LA VILLE

La ville de Kindu est une jeune ville urbano-rurale de 28 ans, si on la compare à d’autres anciennes villes. Elle est traversée par le fleuve Congo et ses richesses particulières sont les matériaux de construction (moellon, sable et briques cuites) qui sont disponibles. Elle a une autre particularité d’inclure des blocs ruraux où se pratiquent l’agriculture, l’élevage et la pêche.

DONNÉES CULTURELLES

La ville de Kindu est dominée par quatre grands groupes ethniques dont le Balega estimés à 30%,
les Bakusu à 15 %,
les Bazimba à 20%,
les Basongola (groupe autochtone) à 10%,
et les Babangubangu à 10%.
Les autres groupes dont les Bakumu, les Batoka Kasongo (Banyenonda, Bazula, Banyakasenga, Basonge, …) et les autres groupes ethniques et ceux vénus des autres provinces représentent 15% de la population.
Quatre grands groupes religieux dominent la ville : les catholiques, les musulmans, les protestants et ceux des églises de réveil. Les croyants dans les églises de réveil sont en forte progression dans la ville.

LANGUES PARLÉES DANS CETTE VILLE

1 Kiswahili 99%
2 Lingala 20%
3 Kikusu 15%
4 Kilega 10%
5 Kizimba 10%
6 Kisongola 05%
7 Kibangubangu 03%
8 Autres langues 10%
Les proportions ici avancées sont une estimation du service de l’état civil de la mairie car aucun dénombrement n’a été réalisé à ce jour. Une personne peut parler deux ou trois langues (dialectes).

PRINCIPALES ACTIVITÉS 

Agriculture
Commerce
Travail salarié
Pêche

La majorité de la population de la ville de Kindu est agricultrice.
L’agriculture se pratique dans des blocs ruraux comme Nkundu, Kyamisege, Misenge, Misekwa, Kepala, Libenga,…. Les autres agriculteurs quittent la ville pour les villages environnant la ville de Kindu. Aucune statistique n’est disponible à l’inspection urbaine de l’agriculture pour renseigner sur la production agricole et du poisson dans le fleuve Congo. Ceux qui se donnent au commerce viennent en deuxième position avant ceux exerçant un travail salarié et les pécheurs. La plupart de ceux qui exercent le commerce le fait à l’informel.

SITUATION ÉCONOMIQUE

Principaux opérateurs économiques

4697 opérateurs économiques dont 4627 patentés et 70 seulement ayant le RCCM (le nouveau registre de commerce selon la loi OHADA) à en croire le rapport annuel 2015 du bureau urbain de l’économie.

Principales activités des opérateurs économiques

Importation et vente des produits manufacturés et hydrocarbures ;
Achat et exportation des produits miniers (or, cassitérite et wolframite) ;
Vente des produits pharmaceutiques ;
Production des services : hôtellerie, transport aérien (agences de transport aérien), transport maritime,…
Principales activités des PME/PMI

Commerce de gros et de détail des produits manufacturés ;
Transport intra-urbain ;
Extraction des matériaux de constriction ;
Artisanat (atelier de couture, atelier de menuiserie, atelier de réparation moto et vélo, ajustage,…)

PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES

Le manioc
Le riz
Le maïs
La banane
L’arachide

L’agriculture se pratique dans des blocs ruraux de la ville (Misenge, makopo, Milanga, Lwabondo, Misekwa,…) mais aucune donnée chiffrée sur la production n’est disponible à l’inspection urbaine de l’agriculture.

PRINCIPAUX PRODUITS NON AGRICOLES

Sable
Moellon
Briques cuites
Poisson
Les mobiliers

Principales sources d’énergie

Le bois (la braise)
L’électricité
L’énergie solaire
Bien que la ville soit alimentée par le courant électrique du barrage de Rutchirukuru (101 Km) dans le territoire de Pangi (un barrage de l’ex- SOMINKI construit pour alimenter l’usine de traitement de la cassitérite et les maisons des agents et cadres de la société à Kalima et ses environs), la grande partie de la ville n’y a pas accès (seulement 5.559 abonnés parmi lesquels 3.444 sont effectivement desservis en électricité contre près de 90.788 ménages que compte la ville) ; ce qui fait que la majorité de la population utilise la braise. L’énergie solaire et le pétrole sont utilisé surtout dans des maisons d’administration et maisons de commerces ainsi que dans des ménages ayant un revenu consistant pour suppléer au déficit énergétique dans la ville.

SITUATION SANITAIRE
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Hopital General de Reference de Kindu

Nombre d’hôpitaux 5
Nombre de centre de santé 75

ÉDUCATION

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Enseignement primaire et secondaire

Écoles primaires 181
Écoles secondaires 141

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET UNIVERSITAIRE

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Universités 5
Instituts supérieurs 14

 

ACCESSIBILITÉ DE LA VILLE
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Routes Oui
Voies aériennes Oui
Biefs navigables Oui
Train Oui
Les véhicules qui quittent Bukavu atteignent aujourd’hui la ville de Kindu par route en passant par Namoya et Kasongo. Les populations des territoires de Kailo, Pangi (Kalima), Kibombo accèdent dans la ville à partir de la route. Les bateaux et baleinières quittent Ubundu (province de la Tchopo) en aval du fleuve Congo jusqu’à Kindu. Les pirogues motorisées quittent Kasongo-rive en amont jusqu’à Kindu. La ville de Kindu est reliée à celle de Kalemie et de Lubumbashi par voie ferrée. Un aéroport national permet de relier la ville de Kindu à celles de Goma, Kisangani et Kinshasa avec la compagnie Congo Airways. Au cours de l’année 2015, le nombre des passagers embarqués à partir de l’aéroport de Kindu est de 12537 contre 12097 personnes arrivées à partir de cet aéroport; 4079,464 tonnes de cargo sont arrivés contre 85,535 tonnes embarqués à partir de cet aéroport.

RÉSEAUX DE COMMUNICATION

Africel Non
Airtel Oui
Orange Oui
Tigo Oui
Vodacom Oui

Un jardin zoologique (dénommé parc de la modernité), si petit soit-il a été ouvert dans la ville de Kindu ayant en son sein le serpent Boa, le Clairon, le Porc-épic, le pangolin, le singe, la tortue de terre.…

SITUATION SÉCURITAIRE

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La ville de Kindu est à ce jour calme en dépit de quelques cas sporadiques de vol simple et vol à main armée.

OPPORTUNITÉS DE DÉVELOPPEMENT

La ville de Kindu, étant traversée par le fleuve, dispose des eaux capables de produire le courant électrique, un investissement qui peut avoir des effets d’entrainement. Les usines pourront être installées, l’emploi rendu disponible, le prix des produits de première nécessité pourra baisser au niveau du pouvoir d’achat de la population et booster ainsi le développement de la ville. Etant l’unique ville de la province du Maniema et considérée comme centre d’approvisionnement de tous ces milieux ruraux, la réhabilitation de la voie ferrée pour permettre la fluidité de transport entre Kindu et Lubumbashi (aussi Kindu Kalemie), la réhabilitation des routes Kindu-Namoya-Uvira et Kindu-Punia pourront permettre la ville de Kindu de se connecter avec le reste du monde ; c’est-à-dire avec les pays limitrophes pour facilité l’importation des biens non disponibles. En fin, la ville s’étant étendue ces cinq dernières années, le financement de l’office de voirie et drainage pour urbaniser les blocs de nouveaux lotissements ferrait de la ville de Kindu une de grandes villes de la République démocratique du Congo.

Source : Cellule d’Analyses des Indicateurs de Développement (CAID)

 

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