Tourisme et Bons coins de la RDC : La Monographie de la nouvelle Province du Haut Uele

Le Haut-Uele est depuis 2015 une province de la République démocratique du Congo à la suite de l’éclatement de la Province orientale. Cet article intitulé “Tourisme et Bons coins de la RDC : La Monographie de la nouvelle Province du Haut Uele” vous  décrit en long et en large cette province.

 

Administration

 

Pays Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Chef-lieu Isiro
Plus grande ville Isiro
Sénat 4 sièges
Gouverneur Jean-Pierre Lola Kisanga1
Fuseau horaire UTC+2
Démographie
Population 1 920 867 hab. (2006)
Densité 21 hab./km2
Rang 17e
Langue(s) Officielle : français
Nationale(s) : lingala
Géographie
Coordonnées 2° 46′ nord, 27° 37′ est
Superficie 89 683 km2
Rang 14e
Liens
Site web http://provinceduhautuele.cd

 

Présentation physique de la province du Haut-Uele

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Que signifie le mot «  Uele  »? C’est une toponymie, ou plutôt une hydronymie. «  Uele  » est le nom de la grande rivière baignant le nord de la RD Congo.

 

1. SITUATION GÉOGRAPHIQUE

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Situé au nord-est de la République démocratique du Congo, le Haut-Uele est compris entre 1°  15’ et 5°  30’ de latitude N et 26° 20’ et 30° 40’ de longitude E. Au nord, il est limité par le Sud-Soudan et la République centrafricaine ; à l’est, par l’Ituri ; au sud, par l’Ituri et la Tshopo  ; à l’ouest, par le Bas-Uele. Avec une superficie d’environ 91.624 km², le Haut-Uele couvre en totalité ou en partie 14 cartes planimétriques régulières à 1/200.000 (degrés carrés).

Le Haut-Uele comprend six territoires Dungu, Faradje, Niangara, Rungu, Wamba et Watsa.

 

 

1.1. INTRODUCTION

Il y a lieu de signaler que la frontière avec la République centrafricaine et le Soudan a subi quelques modifications, au cours de la période coloniale. Elle a été négociée par les trois puissances coloniales occupant des territoires dans ces régions  : la France, l’Angleterre et la Belgique (Léopold  II). Pour ce qui est de l’État indépendant du Congo, les pourparlers concernaient les trois provinces actuelles : Le Bas-Uele, le Haut–Uele et l’Ituri. La frontière fut déterminée par deux conventions, l’une anglo-congolaise et l’autre franco-congolaise, en 1894.

 

1.2. TERRITOIRE DE DUNGU

 Superficie 32 446 km²
 Taille estimée de la population 348 039 hab.

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Situé à l’extrême est du Haut-Uele et ayant une altitude de 683,4 m, le territoire de Dungu est compris entre 3° 35’ à 30° 30’ de latitude N et 28° et 30°15’ de longitude E. Considéré comme le plus vaste des territoires du Haut-Uele, il couvre une superficie totale de 32.446 km² (dont environ 4.000 km² occupés par le Parc national de la Garamba) pour une population estimée à 228.583 habitants en 2008. Sa densité moyenne est de 7 hab./km².

Les relevés topographiques renseignent que Dungu fait frontière, au nord, avec la République centrafricaine et le Sud-Soudan par la rivière Mbomu ; à l’est, avec le territoire de Faradje ; à l’ouest, il est limité par les territoires d’Ango et de Poko (dans le Bas-Uele) ; au sud, il est limité par les territoires de Rungu et Watsa ; au sud-ouest, il fait frontière avec le territoire de Niangara.

 

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Tourisme RDC : Tout savoir sur la nouvelle province du Sankuru

 

Le territoire de Dungu se trouve intégralement sur le plateau des Uele où les affleurements des roches en place sont relativement rares et se voient principalement dans le lit des rivières et sur quelques collines isolées, tels le complexe de base de Mbomu (chefferie Ndolomo) et Lindimbia (chefferie Malingindo), ainsi que la colline de Apelemba à Dungu (chefferie Wando le long de la rivière Uele).

 

 

1.3. TERRITOIRE DE FARADJE

Superficie13 138 km²

Taille estimée de la population : 576 861 hab.

 

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Le territoire de Faradje, dont la superficie est évaluée à 13.108 km² (dont environ 920 km² occupés par le Parc national de la Garamba), est situé à l’extrême nord-est de la RD Congo et du Haut-Uele. Les données topographiques relèvent que, compris entre 4° 15’ et 2° 5’ de latitude N et 29° 20’ et 30 45’ de longitude E, Faradje est borné, à l’est par le territoire d’Aru (en Ituri) ; à l’ouest par le territoire de Dungu ; au nord par le Sud-Soudan ; au sud par le territoire de Watsa ; là, il jouxte le territoire de Mahagi (dans l’Ituri).

Le relief du territoire de Faradje présente plusieurs diversités morphologiques  : d’une part, une chaîne de collines au sud-est du type inselberg de modèle granitique d’altitude variable, entaillée par de volumineux rochers  ; d’autre part, au centre et au nord, un relief aplani, formant un étagement de pédiplaines, qui se poursuit jusqu’à Aba. C’est ici que l’on enregistre l’une des altitudes les plus élevées du Haut-Uele, soit une moyenne variable entre 700 et 1.100 m.

 

 

1.4. TERRITOIRE DE NIANGARA

Superficie9 240 km²

Taille estimée de la population174 040 hab.

 

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D’une superficie de 9.204 km2 , le territoire de Niangara est borné au nord par le territoire de Dungu. Sur d’autres flancs, il fait encore frontière avec le territoire de Dungu à l’est ; avec le territoire de Rungu au sud et avec le territoire de Poko (dans le Bas-Uele) à l’ouest.

Situé sur le plateau de l’Uele à une altitude moyenne variant entre 700 m et 800 m au-dessus du niveau de la mer, le territoire de Niangara connaît deux zones de relief. D’un côté, la zone située au nord de la rivière Uele, où elle est très plate, présentant un mauvais drainage et un sol marécageux, correspond à peu près au bassin sédimentaire indien. De l’autre, la zone située au sud de la rivière Uele, s’étendant jusqu’à la frontière avec le territoire de Rungu (rivière Bomokandi), qui présente un relief plus ou moins accentué, parfois accidenté.

 

Clique ici gif 24Territoire de Niangara : Le centre géographique de l’Afrique (Province Haut-Uele) 1 copie

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1.5. TERRITOIRE DE RUNGU

 Superficie 8 605 km²
 Taille estimée de la population 400 404 hab.

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Situé entre 1°  50’ et 3°  15’ de latitude N et 26°  50’ et 28°  30’ de longitude E, le territoire de Rungu a une superficie de 8.605 km². Il est limité au nord par les territoires de Niangara et de Dungu  ; à l’est par les territoires de Dungu et Watsa ; au sud par les territoires de Wamba et de Bafwasende (dans la Tshopo) et à l’ouest par le territoire de Poko (dans le Bas-Uele) .

Avec une altitude qui oscille entre 500 m et 800 m42, le territoire de Rungu est situé sur le plateau de l’Uele. On y remarque, toutefois, la présence de quelques collines dans la partie est et sud-est, notamment dans les chefferies Mayogo-Magbaie et Mboli.

1.6. TERRITOIRE DE WAMBA

Superficie10 305 km²

Taille estimée de la population567 187 hab.

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D’une superficie de 10.305 km2 , le territoire de Wamba est compris entre 2° 08’ 48.78 de latitude N et 27° 59’ 00.29 de longitude E. Son altitude est de 773 m. Il est borné au nord et nord-ouest par le territoire de Rungu ; à l’est, par le territoire de Watsa ; au sud et sud-est par celui de Mambasa (dans l’Ituri), et enfin à l’ouest et au sud-ouest par le territoire de Bafwasende (dans la Tshopo).

 

 

1.7. TERRITOIRE DE WATSA

 Superficie 16 015 km²
 Taille estimée de la population 795 122 hab.

 

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Situé dans la partie est du Haut-Uele, le territoire de Watsa est compris entre 2° 5’ et 3° 50’ de latitude N et 20° 25’ et 30° 10’ de longitude E. Sa superficie est de 16.015 km² ; il se trouve être borné au nord par les territoires de Faradje (rivière Nzoro) et de Dungu ; à l’est par les territoires d’Aru et de Mahagi (dans l’Ituri) ; au sud-est par le territoire de Djugu (dans l’Ituri) ; au sud par le territoire de Mambasa (dans l’Ituri) ; au sud-ouest par le territoire de Wamba ; et à l’ouest par le territoire de Rungu.

À l’instar de l’ensemble du Haut-Uele (cf. infra), le territoire de Watsa est situé dans la zone de plateau caractérisée par la présence de collines, dans sa partie nord-est, parmi lesquelles on cite Kongbokoro (1024 m), Angozey (1060 m), Marupku (1054 m), Matso (903 m) et Use (1103 m).

 

 

Ville de Isiro chef-lieu de la Province du Haut-Uele

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DONNÉES GÉOGRAPHIQUES

Du chef-lieu du l’ex-district du Haut-Uele, la cité d’Isiro a changé de statut en devenant ville pour abriter le chef-lieu de la nouvelle Province du Haut-Uele et ce, après le démembrement de l’ex-Province Orientale.
Isiro a été créée en 1935 par l’administration coloniale comme un centre extra-coutumier, c’est l’ordonnance-loi n°78-032 du 27 juillet 1978 qui lui a conféré le statut d’une cité, connue à l’époque sous le nom de « Paulis ».
Cette ville a 3 communes qui sont : la commune Kupa, la commune Mendambo et la commune Mambaya qui ne sont pas encore fonctionnelles jusqu’à présent; ce sont ces trois communes par le biais certains de leurs quartiers qui font directement limite avec les différentes chefferies du territoire de Rungu. Ces 3 communes sont structurées en 11 quartiers et ces derniers en 47 cellules, en 246 avenues; la ville a 4 boulevards tous en terre et 83 rues. D’après les statistiques du dernier recensement fait au dernier trimestre 2015, la ville d’Isiro a une population estimée à 413 533 personnes.
Les coordonnées géographiques renseignent que la ville d’Isiro est située au 2°46’ latitude Nord et 27°39’ longitude Est. L’altitude moyenne de la ville est de 1000m et la pluviométrie est de 1 000 à 1 200mm/an

HYDROGRAPHIE
La ville d’Isiro est baignée par quelques ruisseaux entre autres: les rivières et/ou ruisseaux Tely, le Mendambo, Dingilipi, Ane.
Le Relief est accidenté et formé de steppes et d’Oasis
Elle limitée au nord par la chefferie Mayogo-Mabozo, la rivière Tely et le ruisseau Dingilipi qui font directement limité avec la chefferie Mayogo-Mabozo, au Sud par la chefferie Mongomasi, Sud-Est par le ruisseau Nguekele qui fait directement limite avec la chefferie Mayogo-Mabozo, à l’Est et à l’ouest par la chefferie Mayogo-Mabozo.

CLIMAT ET SAISON
Le climat est tropical avec l’alternance de deux saisons. La saison sèche commence vers le milieu du mois de Novembre jusqu’au milieu du mois de Mars et la saison de pluie commence de vers le milieu du mois de Mars jusque vers le milieu du mois de novembre, ainsi continue le cycle d’alternance de saison dans ce climat tropical au fil des années. Cependant, il sied de mentionner que la variation et la durée des saisons commence quelque peu à échapper au contrôle de l’homme à cause du rechauffement climatique et bien d’autres aléa naturels.

TEMPÉRATURE
La température varie selon les saisons ; néanmoins, il faut mentionner que la température maximum est 36° et la température minimum est 23°, c’est entre ces deux bornes que fluctue la température d’Isiro, ce qui donne une température moyenne de 30°
Type de Sol
Le sol est Argilo-Sablonneux

PARTICULARITÉS ET RICHESSES DE LA VILLE

Isiro est particulier dans plusieurs domaines et secteurs. Son sol est sa première richesse à cause de sa fertilité car dans le temps, la production du café dont l’évacuation était facilitée par le chemin de fer a fait d’Isiro un grand centre commercial, un miroir et même un bijou de l’ex-district du Haut-Uele. Le sous-sol de la ville d’Isiro ainsi que celui des chefferies environnant renferment des matières précieuses telles que l’or et diamant en petite quantité, raisons pour laquelle la ville ne dispose que de petits comptoirs miniers œuvrant l’informel et évitant la fiscalité. Les détenteurs de ces comptoirs travaillent avec les d’exploitants artisanaux d’Or et de Diamant qui n’en disposent pas en grande quantité. Le caractère cosmopolite constitue une des richesses de la ville d’Isiro à cause de cette mosaïque des cultures qu’il lui offre car chacun de ses peuples apporte l’aspect positif de sa culture ou de son milieu d’origine.
Dans le secteur des infrastructures routières, il n’est pas question que l’on recommence à zéro pour redonner à Isiro l’ancienne image qu’elle avait entre les années 1970-1980, car la ville dispose déjà un réseau routier et les rails du chemin de fer qui ne demandent que la réhabilitation pour ouvrir Isiro aux différents territoires de la province du Haut-Uele dont il est le chef-lieu; pour l’ouvrir ensuite aux autres province du pays et au reste du monde. Il se produit aussi l’huile de palme en quantité industrielle, ce qui fait que cette huile produite à Isiro fournit, ravitaille et dessert presque toute l’ancienne Province Orientale démembrée. L’implantation des institutions financière ne sera qu’une conséquence de l’intensification et de la viabilité des activités économiques que recherche ladite jeune ville d’Isiro. Présentement à Isiro il n’y a aucune banque commerciale, il n’y a que des messageries financières que les communs de mortel appellent « maison de transfert d’argent ».

DONNÉES CULTURELLES

La ville d’Isiro était dans la chefferie Mayogo-Mabozo, cela fait que les Yogo sont plus nombreux dans la ville que les gens des autres tribus car ils y sont autochtones. Deux grandes tribus sont majoritaires dans cette ville ; il s’agit de la tribu de Mayogo et celle de Mangbetu, à ces deux tribus majoritaires s’ajoutent les Budu du territoire voisin de Wamba, les Zande du territoire voisin de Poko les Nande des territoires de Beni et Lubero de la province du Nord-Kivu, sans toutefois ignorer l’existence des personnes d’autres tribus représentées à faible échelle.
D’après les recherches menées et confirmées par le chef de service de culture et arts, pour ne parler que de ces deux grandes tribus qui peuplent Isiro, il a été remarqué que le peuple Yogo est sociable et simple, il est un peuple mouton car il est discipliné et obéissant aux instructions du chef. Pour ce qui est de la vie sociale, les Yogo sont comme la plus part de peuples du Haut-Uele c’est-à-dire ils sont cultivateurs. Pour se détendre ils prennent une boisson qui leur est authentique appelée « kongolo » qu’ils vendent également ; cette boisson n’est pas affaiblissante comme on peut d’emblée le penser.
Leur aliment de base est constitué principalement de pondu, du manioc et de la banane, l’arachide ; la patate douce, le maïs, la poule et la chèvre, poissons salés font aussi parties de leur alimentation. L’absence de grande rivière dans leur entité d’origine ne leur permet de faire la profession de la pêche à filet, toutefois ils pratiquent la pêche avec le hameçon et celle faisant appel à d’autres techniques. Pour se divertir, les Yogo composent de chants car ils sont des bons chanteurs et danseurs. Le fait qu’ils soient humbles, réservés et moins bavards fait que certaines gens, ne le connaissant pas bien, les traitent d’hypocrites et d’un esprit lucratif.
Les Ngbetu quant à eux, et contrairement aux Yogo, sont guerriers, forts, musculeux pour se défendre avec tout ce qui leur appartient. Ils sont très souples et plus rapides, ils parlent vite et à haute voix comme s’ils étaient en train de tonner sur quelqu’un. Comme pour les Yogo, les Ngbetu ont presque le même aliment de base : le pondu et le manioc qu’ils appellent « songo’ » à cela s’ajoutent la banane de table et celle plantain, l’arachide, le maïs ainsi que toutes les autres légumes du milieu, ils aiment aussi manger les poissons. Ils font aussi les danses traditionnelles et chantent pour exprimer leurs mœurs, leur culture ainsi que leurs valeurs. Du fait qu’ils sont forts, guerriers, rapides, souples et parlent à haute voix comme s’ils tonnaient sur quelqu’un, fait qu’ils soient qualifiés de rusés, violents ; néanmoins tous, je veux dire le Yogo et les Ngbetu ne sont pas rancuniers.
En outre, les Yogo et les Ngbetu, à force de vivre ensemble à Isiro avec les gens d’autres tribus venus de partout ailleurs congolais comme étrangers, finissent par devenir modérés par rapport à ceux résidant les milieux ruraux. Cela s’observe à partir de ce cosmopolitisme de la population urbain et à l’ouverture de la ville au monde entier « la mondialisation ».

LANGUES PARLÉES DANS CETTE VILLE
Lingala,
Kiyogo,
Kingbetu,
Swahili,
Kibudu.
Lingala : est l’une de 4 langues nationales de la RDC qui est parlée à Isiro ;
Kiyogo : est une langue parlée par les Yogo autochtones des chefferies Mayogo-Mabozo et Mayogo-Magbaie du territoire de Rungu ;
Kingbetu : est aussi, comme le kiyogo, une langue des Ngbetu, aussi tribu du territoire ;
Swahili : est souvent parlé par les migrants venus souvent de l’Est du pays ;
Kibudu : est une langue parlée par les Budu du territoire de Wamba.
L’estimation sur les pourcentages de personnes parlant ces langues ci-haut citées, nous a paru difficile ; vu l’absence des rapports les ayant abordés mais aussi du temps imparti pour rendre cette information disponible et la mettre à votre portée. Cependant, dans cette ville, le lingala est la langue parlée par la majorité de la population parce qu’étant une des langues nationales. Le kiyogo vient juste après le lingala car l’ex-cité d’Isiro était dans la chefferie Mayogo-Mabozo, le kiyogo est l’une des langues vernaculaires parlées par une bonne partie de la population autochtone ; le kingbetu est une des langues vernaculaires parlé dans 5 chefferies sur les 7 chefferies du territoire de Rungu. Le swahili est surtout parlé par les migrants venus de l’Est du pays pour des raisons économiques et sociales, le kibudu parlé par les originaires du territoire de Wamba et du reste du pays tout comme le swahili.

PRINCIPALES ACTIVITÉS
Commerce de détail; fait vivre beaucoup de ménages qui n’ont pas de travail payant chaque fin du mois
Agriculture et élevage; pratiquée par une bonne partie de la population car les activités urbaines ne se sont pas encore intensifiées à Isiro

SITUATION ÉCONOMIQUE

Principaux opérateurs économiques
Il existe plus ou moins 662 opérateurs économiques dans la ville d’Isiro, plus de 70% de ces opérateurs sont dans le commerce de détail. Leurs entreprises ont comme principales activités le commerce des produits manufacturés (habits, pagnes, matériaux de construction et ceux en plastiques, marmites, appareils électroménagers, etc.) en provenance des pays voisins par le canal des villes de Butembo et de Beni pour la plus part et parfois par les postes frontaliers de la province d’Ituri.
Principales activités des opérateurs économiques
Commerce de détail
Hôtellerie et fourniture des services hôteliers
Transport des marchandises
Fabrication des briques et autres matériaux de construction
Vente des crédits pour la communication téléphonique.
Fabrication artisanale des meubles.
Réparation des véhicules, motos, vélos et autres
Principales activités des PME/PMI
Commerce de détail ;
Importation et distribution des produits pétroliers ;
Production et exploitation des bois et produit forestiers;
Production semi-industrielle des savons de ménages ;
Production et vente d’huile de palme ;
Transformation de paddy en riz ;
Hôtellerie.
Grandes entreprises locales
Dans la ville d’Isiro, il n’existe vraiment pas de grande entreprise au sens du terme ; cependant, en considérant l’importance de leurs chiffres d’affaires, l’effectifs de personnel engagé et donc les salariés, et en faisant une comparaisons entre les petites et/ou moyennes entreprises qui y existent, les grandes entreprises à citer sont les suivantes :
Le Vodacom
La Bralima,
La Brasimba,
Le Super match,
Cependant, il importe de mentionner que les entreprises comme la Bralima, la Brasimba et Super match fonctionnent à Isiro comme de point de vente car la production est faite à ailleurs, c’est-à-dire à Kisangani pour ce qui est des produits de la Bralima et à Beni pour ce qui est des produits Brasimba, à Kisangani et à Goma pour ce qui des produits de la Société Supermatch.
Pour ce qui concerne la Société Vodacom, son fonctionnement à Isiro est presque comme celui de partout ailleurs avec des produits comme M-Pesa, Vodashop etc.

PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES

Arachide (15,59 %)
Maïs (15,50 %)
Haricot (2,76%)
Manioc (3,62 %)
Riz/Paddy (39,28)
Banane (23,26)

PRINCIPAUX PRODUITS NON AGRICOLES

Le champignon,
Le termite
La chenille,
L’escargot,
Le poisson,
La viande,
Le bois
Tels sont les produits non agricoles qu’on peut mentionner car ils sont consommés en grande quantité, les autres produits comme les sont aussi mais pas en grande quantité comme ceux qui sont ci-haut listés

PRINCIPALES SOURCES D’ÉNERGIE

La ville d’Isiro souffre du manque de l’énergie hydro-électrique et du manque de l’eau potable. S’agissant du volet énergie électrique sous toutes ses formes utilisés dans sur l’étendue du territoire, voici la présentation grossière telle que consommée dans le territoire de Rungu :
Le bois de chauffage (+ de 20%),
La braise (±80%)
La lampe torche (à usage de pile et/ou chargeable, majorité de la population)
La lampe à pétrole (en disparition moins de 5%)
Panneau solaire (- de 10%)
Groupe électrogène (- de 5%)
Le courant hydro-électrique n’existante pas dans la ville d’Isiro. Les torches chargeables et surtout celles utilisant des piles, les installations des panneaux solaires et les groupes électrogènes sont utilisées juste à la tombée de la nuit dans tous les ménages. À présent à Isiro, les lampes à pétrole sont de moins à moins utilisées au profit de la torche à pile, elles ont même disparu car pour les trouver il faut vraiment fournir un grand effort ; même dans les boutiques, elles n’existent presque plus, les commerçants ne les amènent plus de peur de trouver les clients. Pendant la journée les différentes structures et entreprises, boutiques et alimentations utilisent les installations de l’énergie solaire fonctionnant ou alors des générateurs appelés groupes électrogènes puissants comme le JANGFA capable de desservir quelques dizaines de portes. Les panneaux solaires sont également utilisés par l’hôpital de référence et par quelques ménages ayant le moyen de se le procurer, le groupe électrogène collectif comme le JANGFA est utilisé pour de fins commerciales.
La braise est utilisée par la majorité des ménages dans leurs cuisines mais aussi pour d’autres usages (pour repasser les habits). Le bois de chauffage est aussi utilisé pour la cuisine pour des ménages n’ayant la capacité de se procurer la braise.

SITUATION SANITAIRE

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Nombre d’hôpitaux 4
Nombre de centre de santé 7
La ville d’Isiro dispose d’un HGR et 3 hôpitaux secondaires (clinique universitaire, clinique CFU et clinique de l’Est) répartis dans ces trois communes comme suit : HGR, clinique de l’Uele et la Clinique de l’Est dans la commune Mambaya , clinique CFU dans la commune Kupa ; la ville d’Isiro dispose de 7 centres de santé et d’autres institutions de la santé comme le centre de dépistage volontaire, centre ophtalmologique et bien d’autres. Ces centres de santé fournissent les soins de santé primaire et des services en médecine générale seulement, il n’y a aucune spécialisation dans les services fournis par ces centres de santé y compris l’HGR et les autres hôpitaux et/ou cliniques.
Une grande partie des médicaments est disponible dans les centres de santé et pharmacies dans toutes les structures sanitaires de la ville d’Isiro. Mais quelques médicaments spécialisés ne sont pas disponibles et il faut les commander des mois à l’avance dans les grandes villes voisines.
Maladies les plus récurrentes
Paludisme,
Infections respiratoires aiguës,
Fièvre typhoïde,
Infections Sexuellement transmissibles,
Diarrhée.

ÉDUCATION

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Enseignement primaire et secondaire
Ecoles primaires 55
Ecoles secondaires 49

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET UNIVERSITAIRE
Universités 1
Instituts supérieurs 3
L’effectif des enseignants visiteurs comprend à la fois les professeurs, les chefs de travaux et les assistants de tous les mandants

 

ACCESSIBILITÉ DE LA VILLE

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Routes Oui
Voies aériennes Oui
Biefs navigables Non
Train Non

L’accès à la ville d’Isiro est possible par voie routière et par la voie aérienne. La voie d’accès par le train existe mais ne fonctionne depuis les années 1970 juste après la faillite de la société « Chemin de Fer de l’Uele » Le rail existe mais non utilisé et des installations abandonnées.
Les routes qui permettent d’entrer et de sortir dans la ville d’Isiro sont : la route provinciale qui connecte la ville au territoire de Niangara en passant par la Chefferie Azanga qui est l’une de plus grandes chefferie du territoire de Rungu. Il sied de signaler que cette route d’intérêt provinciale est coupée par une rivière Nabukongo à 7km de la ville d’Isiro sans pont pour faciliter la traversée, elle est utilisée comme telle ; la RN 26 (qui relie la ville d’Isiro au territoire de Watsa en passant par la chefferie Mayogo-Mabozo, la réserve de Penge et la chefferie de Mboli, toutes chefferie du territoire de Rungu) ; la RN 25 qui connecte la partie Sud-est de la ville d’Isiro au territoire de Wamba en passant par la chefferie Mayogo-Magbaie dont le chef-lieu est à 75 km au départ de la ville d’Isiro ; une autre partie de la RN 25 connecte la partie Nord-ouest de la ville d’Isiro au territoire de Poko (Province de Bas-Uele) en passant par la chefferie Mayogo-Mabozo dont l’ancien chef-lieu « Matari » est situé à 6 km de la ville d’Isiro et donc non loin de l’aéroport Matari. La dernière route est celle de desserte agricole qui connecte la ville d’Isiro aux chefferies Mongomasi, Ndey et Medge-Mango, toutes chefferies du territoire de Rungu.
À cet effet, il existe 5 compagnies d’aviation qui sont :
La Compagnie Aérienne d’Aviation (CAA), elle est la seule compagnie de la ville ayant un programme de vol régulier ; elle vole sur Goma vers Kisangani en faisant des escales Beni, Bunia et Isiro chaque mercredi et quitte Kisangani vers Goma en passant par Isiro, Bunia et Beni ;
Compagnie humanitaire « MAF », qui organise ses vols sur la partie Nord-Est du pays avec un programme non régulier ;
La compagnie de la Diocèse de Dungu dorma « ASF DUNGU », qui est compagnie des missionnaire de l’église catholique ; elle vole sur Dungu, Isiro, Bunia et Durba ;
La compagnie « SERVICE AIR » : c’est un vol cargo qui vient soit de Goma, de Beni, de Kisangani avec un programme irrégulier et enfin ;
La compagnie « MALU AVIATION » qui vole souvent pour le compte de la Banque Centrale pour y déposer l’argent de la paie des fonctionnaires de l’Etat.

RÉSEAUX DE COMMUNICATION

Africel Non
Airtel Oui
Orange Non
Tigo Non
Vodacom Oui

 

Attraits touristiques

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Parcs Non
Jardins botaniques Non
Jardin zoologiques Non
Chutes d’eaux Non
Sites touristiques Non
Sites sacrés Oui
Jusqu’à présent, la tombe et le Sanctuaire national de la Bienheureuse Marie Clémentine Anuarite NENGAPETA demeurent les seuls sites sacrés. La première tombe est située dans la commune Mambaya dans quartier Mambaya et le sanctuaire national dans le quartier Tely non loin du bâtiment administratif de l’Université de l’Uele.

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(source : Rapport annuel de la ville d’Isiro, 2015)
– Cellule d’Analyses des Indicateurs de Développement (CAID)

 

 

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RELIEF, GÉOLOGIE ET HYDROGRAPHIE DE LA PROVINCE DU HAUT-UELE

 

2.1. LE RELIEF

Du point de vue de la morphologie, on peut distinguer schématiquement deux grands groupes de relief en relation avec la géologie.

 

Dans l’ensemble, le relief du Haut-Uele est un relief peu accusé où pointent quelques monts tels que : le mont Asongo, le mont Firo, le mont Bakengo, le mont Kai… C’est une région constituée de bas plateaux (500 m à 100 m d’altitude) qui s’étendent de Niangara, à l’ouest, à Faradje, à l’est.

Dans la partie sud, à Isiro, se détachent des chaînons non allongés, à bords souvent abrupts, correspondant aux « monts de Fer » présents aussi à Rungu, Wamba et Mungbere.

Plus à l’ouest, dans le territoire de Watsa apparaissent de hauts plateaux d’altitude moyenne supérieure à 1000 m. Si l’on excepte la région d’Aba, le bassin de Dungu, ainsi que la région de Faradje correspondent à une vaste pénéplaine plate et marécageuse.

Cette monotonie des bas et hauts plateaux est dérangée par quelques bosses granitiques et orthogneissiques et par des collines qui correspondent à des zones de roches du Haut-Uele. La région d’Aba constitue, vers l’est, la ligne de partage des bassins du Congo et du Nil.

 

2.2. LA GÉOLOGIE 

2.2.1. Historique des observations 

Les premières observations géologiques concernant le Haut-Uele ont été effectuées par O.  Bauman en 1887, à l’époque des grandes pénétrations en Afrique centrale, auxquelles sont liés les noms de H.  M. Stanley et de J. Cornet, pour ne citer que les plus connus.

La période comprise entre 1903 et 1940 est caractérisée par les prospections de sociétés minières telles que la Compagnie des chemins de fer du Congo supérieur aux Grands Lacs africains (CFL) ou la Société internationale forestière et minière du Congo (Forminière). C’est particulièrement au cours de cette période que les itinéraires géologiques et observations de terrain furent effectués par les géologues L. de Dorlodot et F. F. Mathieu sur les itabirites et les roches anciennes de Wanga.

 

2.2.2. Les formations géologiques

Le Haut-Uele correspond essentiellement à une zone de socle d’âge antécambrien (2720-3400  Ma) recouverte par de rares lambeaux, soit les formations sédimentaires antécambriennes (2475- 2720  Ma), soit des séries plus récentes du quaternaire. a. Un « substratum » cristallin composé des orthogneiss (roches granitiques déformées dans le sens donné à ce terme par Rosenbusch), des granites porphyroïdes et des amphibolites. C’est « l’antékibalien » de R. Woodtli, 1954, composé du complexe de la Garamba (au nord) et des séries granitiques TTG au sud (tonalitique

– trodjhemitique

– granitique).

Ces formations occupent les parties nord et sud du Haut-Uele. Le complexe de la Garamba est constitué des roches ci-après :

– le gneiss migmatique et amphibolitique ;

– le gneiss à amphibole et à proxène ;

– le micaschiste ;

– le micaschiste à disthène ;

– le quartzite micacé et le quartzite à fuchsite ;

– le calcaire cristallin.

 

 

2.3. RESSOURCES MINÉRALES

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2.3.1. Des minéralisations diversifiées

Des minéralisations d’or, de fer et de cuivre sont signalées dans le Haut-Uele (voir carte page suivante). Ces différentes minéralisations sont logées dans les formations géologiques suivantes :

 

a. Le complexe de la Garamba.

La minéralisation rencontrée est celle :

– du fer : dans le territoire de Fardaje, de Dungu, de Watsa, de Rungu (en alluvions dans le bassin de l’Uele). Les minéraux représentatifs sont la magnétite et l’oligiste ;

– du cuivre  : à Bagbele  ; au nord-est de Yaluku à la frontière avec le Sud-Soudan ; dans le secteur aurifère de Yembenda, Kekinda et Bonjuju, accompagné d’arsenic ;

– du disthène et de grenat sous forme d’indices en alluvions dans le bassin de l’Uele.

 

b. Les formations attribuées au Lindien.

Les minéralisations rencontrées dans les formations précitées sont celles :

– du fer, sous forme de pyrite (sulfure de fer), dans les joints de schistes, dans les calcaires schisteux gris de Garda en région de Niangara, et en place dans la feuille d’Isiro ;

N.B. On la rencontre aussi dans les roches basiques et dans les granites ;

– du cuivre et de l’or, dans les localités de Niangara, de Gada et de leurs environs immédiats ;

– de l’aluminium, sous forme de bauxite : minéralisation signalée jadis dans la rivière Baraza, au confluent UeleGonda et exploitée en carrière à la rive droite de Goda (1951) dans la région de Niangara.

 

c. Le Kibalien.

Dans cette formation, on rencontre principalement la minéralisation en :

– or, en dissémination et en filon ;

– fer, associé aux itabirites ;

– étain, sous forme d’indices associé avec l’or dans le lambeau du Kibalien supérieur (Feuille Isiro), en alluvions dans le bassin de l’Uele.

 

d. D’autres minéralisations sont également rencontrées par-ci par-là à travers le Haut-Uele, à savoir :

– tungstène : en indice alluvionnaire en bordure de la Nepoko et dans la rivière Luizi à Doko, région de Watsa ;

– chrome, sous forme d’indice alluvionnaire en bordure de la Nepoko ;

– niobo-tantale, sous forme d’alluvionnaire :

– à l’affluent gauche de la Nara,

– dans le bassin de la Mongokobuma, affluent de l’Asoa ;

–  plomb-argent-cuivre, sous forme d’indices géochimiques dans le bassin de la Nebinso (Feuille d’Isiro) ;

– cuivre-plomb-argent-zinc, sous forme d’indices géochimiques à Banyungu dans le degré carré Isiro ;

– cuivre-arsenic, sous forme d’indices dans les secteurs aurifères de Yembenda, Kekinda et Banyungu (Degré carré Isiro) ;

– disthène-biotite-magnétite-oligiste-grenat, sous forme d’indices alluvionnaires dans le bassin de l’Uele ;

 

2.4. NATURE DES GISEMENTS AURIFÈRES DU HAUT-UELE

 

Hormis les gisements alluvionnaires et éluvionnaires prospectés et exploités dans le Haut-Uele, les gisements de cette province entrent dans trois catégories différentes.

 

2.4.1. Gisements filoniens de quartz

À Moto : à Moku (Filon Owe), de Beverendi à Dubele (Stockwerk de filons de quartz), de Zambula-Kosekia et Dila (filons de quartz subverticaux), à Wanga (Tendao, filonnets et filons de quartz). À Ngayu ouest : à Mambati (veines de quartz), à Imva (veines de quartz), à Babeyru-Marekesa (veines de quartz), à Natge (veines de quartz) etc.

 

2.4.2. Gisements disséminés

Ils sont localisés à Moto, particulièrement dans le secteur de Doko-Durba  : Mengu, Kalimva, Meyi, Bakangwe, Pamao, Pakaka Nord, Agbarabo, Gorumbwa, Durba. Ces gisements que les Américains appellent « Invisible Gold Ore Deposits  » se caractérisent par un minerai qui ne se distingue pas de la roche encaissante. On note fréquemment que les gisements se trouvent à proximité (tantôt au toit : Megi, tantôt au mur : Agbarabo) des masses itabiritiques ou des schistes graphiteux. On peut aussi classer les gisements de l’axe SubaniAzimogu-Buma dans cette catégorie (Shear Zone Complexe).

 

2.4.3. Gisements sulfureux 

Aux mines de Moto existent plusieurs occurrences de gisements d’or liés à des sulfures.

– gisement de Zoni  : filon de pyrite et mispickel, subvertical ;

– gisement de Pakaka sud à Doko-Durba : filon couche siliceux, riche en sulfures ;

– indice d’Ebeu : filon de quartz très pyriteux.

 

2.5. L’HYDROGRAPHIE

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La rivière Uélé

 

Étalé sur l’immense bassin de la Kibali-Uele, le HautUele est pourvu d’un réseau hydrographique dense et bien réparti.

 

2.5.1. Le bassin de la Kibali

Il traverse presque tout le Haut-Uele de l’est à l’ouest. Ses principaux tributaires sont  : rive droite, la Nzoro, la Dungu qui coulent grosso modo du nord-est au sud-ouest et prennent leur source dans les montagnes orthogneissiques formant la frontière avec le Soudan ; rive gauche : l’Arebi (Moto), la Yebu, la Nadi (Rungu), la Ndedu et l’Uye. Principalement pour le bassin de la Dungu, son affluent important, l’Aka, présente un développement de plus de 120 km et reçoit de nombreux tributaires parmi lesquels la Garamba, la Moke, la Puidingala, la Mwa-Bromu, la Yogara, la Niere, etc.

 

2.5.2. Le bassin de l’Uele

Il est représenté dans la province par les importants tributaires de la Bomokandi, de la Gada, à gauche, qui coulent du sud-est-est et au nord-ouest-ouest en prenant leur source dans les formations granitiques. En rive droite, on a les tributaires principaux suivants : la Duru, la Kapili, la Bwere, la Gurba, qui prennent naissance dans les orthogneiss du nord-ouest vers le sud-est. La rivière Kibali est aussi un tributaire de droite de l’Uele et coule suivant une direction presque est-ouest. Elle prend sa source dans les formations granitiques, traverse les formations dites Kibaliennes et les orthogneiss avant de se jeter dans l’Uele.

 

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2.5.3. Le bassin de l’Aruwimi

Il correspond au bassin de la Nepoko et de ses affluents principaux : la Wamba, la Gada et l’Asoa. Le Haut-Uele est drainé par deux grandes rivières d’importance inégale, à savoir, au nord, la rivière Uele et, au sud, la rivière Nepoko.

L’Uele commence à Dungu, là où deux rivières confluent  : la rivière Kibali, qui prend sa source dans le territoire d’Aru (en Ituri), et la rivière Dungu, dont la source se trouve au nord-est du territoire de Faradje. L’Uele, qui est longue d’environ 800 km jusqu’à sa confluence avec la Mbomu, traverse le Haut-Uele, de Dungu à la frontière avec le Bas-Uele, sur un parcours de 150 km.

Les principaux affluents de l’Uele sont  : au nord, les rivières Dungu, Kapili, Gurba, Nzoro et Mbwere ; au sud, les rivières Bomokandi et Gada. Ainsi donc, l’Uele qui draine une grande partie du Haut-Uele a donné son nom au bassin de toute la partie septentrionale de la RD Congo.

Compris en ce sens, puisque la rivière Uele a sa source dans la partie du territoire d’Aru (dans l’Ituri) et traverse tout le Haut-Uele et le Bas-Uele pour se jeter dans l’Ubangi au niveau du territoire de Yakoma (dans le Nord-Ubangi), le bassin de l’Uele désigne tout le vaste territoire qui se trouve aujourd’hui être baigné par la rivière Uele, et donc, du territoire d’Aru à celui de Yakoma, en passant par le Haut-Uele et le Bas-Uele. C’est d’ailleurs la crête de partage des eaux du Nil et du fleuve Congo qui détermine la frontière entre la RD Congo et le Sud-Soudan.

Quant à la Nepoko, elle est la principale rivière qui draine la partie sud du Haut-Uele touchant les trois territoires de Watsa, de Wamba et de Rungu, avant de rencontrer la rivière Ituri pour donner naissance à la rivière Aruwimi, dans le district de la Tshopo. En dehors des deux principales rivières précitées, il y a une multitude de cours d’eau de moindre importance formant le réseau hydrographique de l’ensemble du Haut Uele.

 

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Chutes Nadumbe, sur la rivière Nepoko.

 

3. LA FAUNE

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3.1. ÉCOLOGIE 

La plupart des animaux sont attachés à un habitat ou à un biotope spécifique. Parmi les animaux terrestres, il y a, par exemple, des espèces que l’on retrouve uniquement dans les forêts tropicales humides (comme l’okapi ou le paon du Congo), tandis que d’autres sont adaptées à la savane ou à la montagne.

De même, parmi les animaux aquatiques, certaines espèces marquent clairement leur préférence pour un habitat bien déterminé. Il faut donc en tenir compte en examinant les listes d’espèces. C’est ainsi que la plupart des espèces se retrouvent, non dans l’ensemble du Haut-Uele, mais seulement dans une zone bien déterminée, avec un habitat spécifique. Le Haut-Uele comporte une grande variété de biotopes : forêts, dans le sud-ouest  ; savane, à plus grande altitude, dans le nord-est ; savane faiblement ou plus densément arborée, dans le sud.

 

3.2. HISTORIQUE DE LA RECHERCHE SUR LA BIODIVERSITÉ EN RD CONGO

La faune du Haut-Uele est la première d’Afrique centrale à avoir fait l’objet d’une étude détaillée. Au début du xxe siècle, la faune extraordinaire de l’Afrique centrale était encore très peu connue. Une première grande expédition fut organisée pour combler ce manque de connaissance. En 1907, les administrateurs coloniaux belges du Congo furent contactés par le président directeur de l’American Museum of Natural History (AMNH, New York), qui souhaitait entamer l’étude de l’Afrique centrale.

 

3.3. LA DIVERSITÉ DES VERTÉBRÉS DANS LE HAUT-UELE 

3.3.1. Poissons

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L’ordre des Characiformes est l’un des plus riches en termes d’espèces dans le bassin du Congo et est dominé par les familles des Alestiidae et des Distichodontidae. Le genre Hydrocynus (poisson-tigre) fait partie de la famille des Alestiidae. Le poisson-tigre est le plus grand poisson prédateur du bassin du Congo. Il se caractérise par un corps fuselé et par une large bouche faite de dents acérées et fortement développées.

La famille des Cyprinidés ou carpes (dans l’ordre des Cypriniformes) comprend plusieurs genres. Deux d’entre eux comportent de nombreuses espèces : le genre Barbus qui regroupe principalement les petits barbeaux, et le genre Labeo dans lequel on retrouve une série d’espèces de plus grande taille. Bien que ces deux genres regroupent de très nombreuses espèces, celles-ci sont souvent fort semblables et donc difficiles à identifier.

La famille des Mormyridés ou poissons-éléphants (dans l’ordre des Osteoglossiformes) comprend une série d’espèces caractérisées entre autres par la présence d’un organe électrique. Cet organe se trouve à la base de la queue et peut émettre des impulsions électriques. Leur tête est dotée de récepteurs avec lesquels ils peuvent capter ces impulsions électriques. Ces impulsions leur permettent de s’orienter et de détecter leur proie (ce système est donc comparable au système d’écholocation des chauves-souris) et servent aussi à la communication entre individus de la même espèce. La forme des impulsions est différente pour chaque espèce, si bien que ces animaux sont capables de faire la distinction entre des impulsions émises par des membres de leur espèce (partenaires potentiels) et des individus appartenant à une autre espèce.

L’ordre des Siluriformes (poissons-chats) comprend différentes familles qui présentent une grande variété sur le plan morphologique et écologique. Les poissons-chats se caractérisent entre autres par l’absence d’écailles sur le corps et la présence de barbillons – parfois très longs – au niveau de la bouche et du menton. Le genre Clarias (famille des Clariidae) a une importance commerciale considérable. Différentes espèces sont fréquemment utilisées en aquaculture en raison du fait qu’elles présentent une grande tolérance par rapport à leur environnement et peuvent être élevées en grand nombre.

Tout comme les poissons-chats, les espèces de la famille des Cichlidés (nom scientifique Cichlidae, dans l’ordre des Perciformes) présentent une grande variété morphologique et écologique (voir aussi le paragraphe sur les poissons du lac Tanganyika). La perche du Nil (Oreochromis niloticus et les espèces apparentées) est très importante économiquement. Ces espèces sont souvent utilisées en aquaculture et sont ainsi bien souvent introduites dans des régions où elles n’étaient pas présentes à l’origine. L’Oreochromis niloticus qui, excepté au lac Tanganyika, n’est pas présent dans le bassin du Congo, a été introduit en de nombreux endroits où il entre en compétition avec les Cichlidae d’origine, qu’il finit bien souvent par évincer.

 

3.3.2. Amphibiens et reptiles

Deux espèces de crocodiles, le crocodile du Nil et le crocodile nain se rencontrent dans le Haut-Uele. Le crocodile du Nil, Crocodylus niloticus, qui était, à l’origine, présent dans tout le bassin congolais, a disparu de certaines rivières ou régions, sous la pression humaine. Néanmoins, cette espèce, répandue dans presque toute l’Afrique, n’est pas menacée, et bénéfice, sur la liste de l’UICN d’un statut correspondant à un « risque faible et une préoccupation mineure ». Le crocodile du Nil est une grande espèce prédatrice (taille maximale 6 à 7 m), qui se nourrit principalement de poissons (pour les juvéniles des insectes, grenouilles et têtards composent la nourriture principale). Mais ce qui fait du crocodile du Nil une espèce crainte est le fait qu’il attaque les animaux au bord de l’eau et que, pour un grand crocodile, l’homme n’est qu’une proie parmi d’autres. On a observé des crocodiles pouvant sauter hors de l’eau jusqu’à une hauteur d’à peu près deux tiers de leur longueur. La proie, une fois capturée, est submergée jusqu’à ce qu’elle se noie, ou est mordue régulièrement par les fortes mâchoires. Elle est dévorée ou, peut-être, avalée sous l’eau.

Le crocodile nain, Osteolaemus tetraspis, est une espèce de taille relativement petite (longueur environ 2 m), possédant une tête, un corps et une queue fortement cuirassés. Cette espèce est très peu connue. Apparemment, elle affectionne les rivières qui coulent mollement et évite les rivières majeures. Ce crocodile a été observé dans des régions de forêts ou de savanes. Cette espèce, principalement nocturne, se nourrit de crabes, de grenouilles et de poissons. Le statut du crocodile nain sur la liste rouge de l’UICN est « vulnérable », mais des recherches plus approfondies seraient nécessaires.

 

3.3.3. Oiseaux

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Le Haut-Uele, caractérisé par une grande variabilité d’habitats, bénéficie d’une avifaune très riche. Le Parc national de la Garamba n’a pas été surveillé récemment. Il n’abrite aucune espèce en danger globalement. La Réserve de faune à okapis, en revanche, abrite des populations de six espèces considérées comme globalement en danger. Quelques-unes de ces espèces sont mentionnées ci-dessous.

Le francolin de Nahan (Francolinus nahani) a été décrit en 1905 par l’ornithologue belge Dubois. L’exemplaire type est enregistré dans les collections du MRAC à Tervuren. Il a une distribution restreinte et fragmentée, qui reste menacée par la perte de qualité de son habitat et le déboisement. C’est un oiseau terrestre des forêts profondes. Son statut sur la liste rouge de l’UICN est « en danger»

Deux tisserins rares se trouvent dans la réserve de faune à okapis, le tisserin à nuque d’or (Ploceus aureonucha) et le tisserin à pieds jaunes (Ploceus flavipes). Les tisserins sont de petits oiseaux passereaux, dont le nom vernaculaire reflète la construction de leurs nids. Leurs nids sont une sorte de boule sphérique, construite de filaments de feuilles tressés entre eux. L’entrée du nid se trouve en bas et peut prendre la forme d’un tube chez certaines espèces. Ils vivent en colonie. De nombreux nids peuvent se trouver sur un même arbre. Le tisserin à nuque d’or est une espèce très rare, qui n’a été observée que quelques fois par des ornithologues. Il était connu comme vivant principalement dans une partie restreinte de la forêt de l’Ituri en RD Congo. Récemment, toutefois, un couple a été observé dans le Parc national de Semiliki en Ouganda. Cette espèce est menacée par la disparition de la forêt et est considérée comme « en danger » sur la liste rouge de l’UICN.

Le tisserin à pieds jaunes a une distribution très restreinte. Il est observé seulement dans le centre et l’ouest de la forêt de l’Ituri, où il est relativement rare.

C’est une espèce assez grande (jusqu’à 20  cm). Le mâle est tout noir avec un œil blanc, des jambes et des pieds jaune clair. L’espèce est considérée comme « vulnérable » sur la liste rouge de l’UICN.

Le tchitrec de Bedford (Terpsiphone bedfordi) a une distribution discontinue. On le trouve dans le nord-est de l’Ituri et dans la région à l’ouest de l’Itombwe64. Il apprécie les forêts primaires à feuillage persistant et les plaines, jusqu’à des altitudes de 980 à 1.500 m. L’espèce est menacée par le déboisement et la disparition des forêts primaires. Son inhabileté à survivre dans les forêts secondaires constitue un risque pour sa survie à long terme. Son statut est « quasi menacé » sur la liste rouge de l’UICN.

 

3.3.4. Mammifères

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Le Parc national de la Garamba présente une grande diversité de mammifères. Outre les espèces mentionnées ci-dessous, on y trouve, entre autres, le buffle, Syncerus caffer, le bubale, Alcelaphus buselaphus lelwel, le cobe de buffon, Kobus kob, le cobe à croissant, K. ellipsiprymnus, le babouin anubis, Papio anubis, plusieurs espèces de colobe, Colobus sp., plusieurs espèces de vervet, Cercopithecus sp., deux espèces de loutre, Aonyx sp., le phacochère, Phacochoerus aethiopicus, le potamochère, Potamochoerus porcus, l’antilope rouanne, Hippotragus equinus, et six autres espèces d’antilope

Le Parc national de la Garamba présente une grande diversité de mammifères. Outre les espèces mentionnées ci-dessous, on y trouve, entre autres, le buffle, Syncerus caffer, le bubale, Alcelaphus buselaphus lelwel, le cobe de buffon, Kobus kob, le cobe à croissant, K. ellipsiprymnus, le babouin anubis, Papio anubis, plusieurs espèces de colobe, Colobus sp., plusieurs espèces de vervet, Cercopithecus sp., deux espèces de loutre, Aonyx sp., le phacochère, Phacochoerus aethiopicus, le potamochère, Potamochoerus porcus, l’antilope rouanne, Hippotragus equinus, et six autres espèces d’antilope.

 

 

4. LA FLORE

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Les deux tiers nord du Haut-Uele sont principalement occupés par la savane arbustive qui présente une physionomie variable de l’ouest à l’est (voir tableau suivant).

 

Répartition des principaux types de végétation dans le Haut-Uele et au niveau national

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4.1. LA FORÊT DENSE HUMIDE28870202 173075079992484 6534594456403084363 n 11

Dans le Haut-Uele, la forêt dense humide à Gilbertiodendron dewevrei s’est fortement infléchie vers le sud, au point qu’elle n’existe plus qu’aux environs de Wamba et de Matapu. Initialement, cette forêt était déjà présente au sud de l’Uele (de Niangara à Dungu). Aujourd’hui, il ne subsiste plus, dans cette zone, que des lambeaux forestiers et des savanes arbustives. Pour trouver une forêt intacte, il faut descendre au sud de l’axe Medje-Batwabaka-WambaMungbere.

Au sein de la forêt intacte, les espèces typiques de la forêt dense humide sont retrouvées  : Albizia gummifera, Milicia excelsa, Entandrophragma congoense, Zanthoxylum lemairei, Zanthoxylum gilletii, Klainedoxa longifolia, Paramacrolobium coeruleum, Gilbertiodendron dewevrei, Hallea stipulosa, Omphalocarpum procerum, Pentaclethra eetveldeana, Petersianthus macrocarpus (espèce la plus répandue entre Medje et Wamba), Spathodea campanulata, Sterculia tragacantha, Symphonia globulifera, etc

 

4.2. LES SAVANES

De manière générale, on distingue quatre types de savanes  : (i) la savane boisée est une formation végétale entre la savane herbeuse et la forêt claire. Le recouvrement des ligneux est compris entre 25 et 60 %, semblable à la forêt claire, mais diffère de celle-ci par des arbres ayant une hauteur plus faible  ; (ii) la savane arborée se caractérise par des arbres à faible densité (inférieure à 40  %) et dont la taille est supérieure à 7 m ; cette strate ligneuse surmonte une strate herbacée dynamique ; (iii) la savane arbustive est composée d’un tapis dense de graminées sur lequel se développent des arbustes dont la hauteur ne dépasse pas 7 m et dont la densité est faible ; (iv) la savane herbeuse, quant à elle, est composée essentiellement d’un tapis dense de grandes herbes graminéennes au sein duquel quelques rares arbres peuvent être observés.

 

 

L’ÉVOLUTION DÉMOGRAPHIQUE DU HAUT-UELE 

 

1. ÉVOLUTION DE LA POPULATION DU HAUT-UELE

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Population du Haut-Uele en 1923 et 1926

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Sources : Congo belge, Rapport annuel 1923, Stanleyville, août 1924, p. 24 et Congo belge, Rapport annuel 1926, Stanleyville, 1927, p. 12.

 

Évolution de la population du Haut-Uele de 1950 à 1959

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Sources : — pour les années 1950 à 1956 : Th. Verheust, op. cit., p. 64 ;

— pour l’année 1957, Congo belge, Province-Orientale, Rapport annuel AIMO 1957. Affaires indigènes, p. 18 ;

— pour l’année 1958 : Léon de Saint Moulin, « Les statistiques démographiques en République démocratique du Congo », Congo-Afrique, Kinshasa, CEPAS, 10e année, n° 47, 08-09/1970, p. 382.

— pour l’année 1959, Congo belge, Province-Orientale, Rapport annuel AIMO 1959. Affaires indigènes, p. 20.

 

 

Mortalité, natalité, fécondité, stérilité dans le Haut-Uele en 1957 

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 Taux de natalité : rapport du nombre de naissances à celui de la population totale.

2 Taux de fécondité : rapport du nombre de naissances à celui des femmes âgées de 15 à 45 ans.

3 Femmes stériles : femmes n’ayant donné naissance à aucun enfant né vivant.

4 Décès survenus au cours des 12 mois précédent l’enquête.

Source : Thérèse Verheust (présenté par), « Enquête démographique par sondage 1955-1957, Province-Orientale, District de Stanleyville – District du Haut-Uélé », Les Cahiers du CEDAF, n° 4, 1978, pp. 78, 79, 80, 84, 85, 92.

 

 

Proportion (en %) de femmes stériles par ethnie dans le Haut-Uele – 1955-1957

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Source  : Thérèse Verheust, «  Enquête démographique par sondage 1955-1957… », op. cit., pp. 88-89, citée par Akoto Mandjale, E. et Iba Ngambong, O., op. cit., p. 20.

 

Recensement général de la population de la République démocratique du Congo en 1970 Haut-Uele

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Source : République démocratique du Congo, Institut national de la statistique, Recueil des rapports totaux calculés à partir des résultats officiels du Recensement de la population de la RDC en 1970, s. l., s. d., pp. 24-25.

 

 

LES PEUPLES DU HAUT-UELE

 

1. LE PEUPLEMENT DU HAUT-UELE AVANT LE XIXE SIÈCLE

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Dans la région de l’Uele et de l’Ituri, des paysans de milieux culturels divers se sont rencontrés, y ont forgé une nouvelle tradition et ont fait des terres de la moyenne Bomokandi-Nepoko un pivot pour la région entière. D’après Jan Vansina, dans cette région du nord-est, des locuteurs de 28 langues des trois principales familles linguistiques africaines sont actuellement entassés comme si ces gens avaient immigré vers ce noyau de tous les points des alentours.

Les premiers agriculteurs, qui étaient probablement des locuteurs oubanguiens, venaient de l’ouest et apportaient avec eux une tradition d’outils polis dont les plus remarquables étaient des haches robustes en hématite très riche en fer. Cellesci étaient si solides que les gens ont continué à les fabriquer jusqu’au xviie siècle. Puis les locuteurs bantou, venus du sud-ouest, sont arrivés à leur tour, parmi les ancêtres des Mabodo qui se sont installés sur la frontière forêt-savane près et au delà du 3° Nord, et les ancêtres du groupe Buan qui a commencé à se diversifier dans les derniers siècles avant notre ère, juste au sud de la vallée de la moyenne Bomokandi, alors une vigoureuse forêt tropicale. Pendant ce temps, les locuteurs soudanais central du sud se différenciaient en plusieurs groupes linguistiques dans les hautes terres à l’ouest du Nil et du lac Mobutu. Dans cette région, la fonte du fer a fait ses débuts à partir de c. 300 av. J.C. et la banane a probablement été adoptée dans les premiers siècles de notre ère. Ce dernier développement en particulier doit être lié à plusieurs expansions humaines qui ont suivi  : l’expansion des locuteurs proto-mamvu dans les profondeurs des forêts d’Ituri, à l’est du 280° Est où ils ont influencé tous les locuteurs bantou, l’expansion des locuteurs buan au nord, entre Uele et Mbomu, mais aussi au sud dans la région d’Aruwimi, et peut-être l’expansion des groupes de langues oubangiennes à l’ouest vers l’Ubangi et vers la boucle du Congo.

Chacun des trois groupes d’immigrants avait apporté son propre héritage social. Seule une minorité parmi les proto-Oubanguiens étaient des pêcheurs spécialisés qui se sont installés le long de l’Uele et d’autres rivières importantes. Parmi les autres, la chasse demeurait très importante même s’ils cultivaient aussi des ignames. Ceux-ci étaient alors très mobiles et vivaient dans des habitations dispersées. Les proto-Oubanguiens n’avaient pas d’idéologie liée au statut de leader et il n’est pas encore certain que même des chefs temporaires, par exemple en temps de guerre, aient été reconnus au-delà du niveau de la maisonnée étendue. Les institutions intégrantes entre maisonnées semblent avoir été très faibles. Il n’existait pas de rituel d’initiation complexe pour les garçons et le mariage ne représentait pas, semble-t-il, une occasion de construire des liens à long terme entre de nombreuses maisonnées.

La culture soudanaise centrale du sud avait été à l’origine une culture de gardiens de troupeaux et d’agriculteurs. Ces gens vivaient en habitat dispersé, chaque résidence étant constituée d’une maisonnée et n’ayant d’autre chef que le leader de la maisonnée étendue. Mais les classes d’âge et leurs rituels d’incorporation ont pu fournir un cadre social plus large. À l’ouest du graben, les proto-Mamvu avaient abandonné leurs troupeaux en entrant dans les aires de savanes infestées par la mouche tsé-tsé. Les chèvres remplacèrent alors les bovins et l’agriculture s’intensifia. Les cultures principales furent d’abord les céréales, puis les ignames et finalement les bananes.

Le caractère peu structuré de leur organisation sociale ressort du fait que leur forme préférée de mariage consistait dans la pratique pour deux hommes d’épouser la sœur de l’autre. Ainsi les alliances matrimoniales entre maisonnées étendues n’entraînaient pas d’obligations mutuelles subséquentes et durables car aucune dette ou crédit matrimonial n’existait entre elles. Les alliances matrimoniales n’étaient donc pas des bases pour de futures alliances à long terme entre plusieurs groupes. Cette forme de mariage n’impliquait pas de richesses matrimoniales et, par conséquent, l’échange matrimonial ne pouvait servir à attirer des partisans et devenir un homme fort. La circoncision n’était pas pratiquée non plus et, s’il y a avait eu des classes d’âge, elles étaient maintenant tombées en désuétude. Il y avait donc très peu d’organisation dans la société proto-mambu au-delà de la maisonnée étendue. Il y avait des «  Maisons  », mais pas de villages, pas de districts et pas d’hommes forts.

Le contraste était énorme entre ces deux traditions et la tradition bantou occidentale héritée par les ancêtres des Mabodo et des Buan. Ces derniers avaient des districts, des villages, des Maisons, des hommes forts, des rituels de circoncision élaborés au niveau du village, et ils avaient adopté très tôt la compensation matrimoniale comme forme principale de mariage, renforçant ainsi la base de l’autorité des hommes forts. Leur économie était parfaitement adaptée aux environnements forestiers, bien qu’ils bénéficièrent énormément de l’adoption de la banane par le temps épargné et l’excès de production qu’ils échangèrent contre la viande et le miel des chasseurs et cueilleurs qu’ils entraînèrent lentement à s’attacher à leurs village.

Les Mayogo et Bangha (oubanguiens), les Mamvu (soudanais central du sud) et les Buan (bantou) se mélangeaient tous durant la seconde moitié du premier millénaire de notre ère, dans la région de la moyenne Bomokandi et de la Nepoko. Vers l’an mille, leurs différents héritages avaient fusionné dans une nouvelle tradition commune. Celle-ci alliait une grande partie de l’héritage forestier buan avec des caractéristiques du genre de la vie de la savane mamvu. Le mélange des technologies était évident dans la chasse et l’agriculture. La pratique de la chasse à grande échelle, associée avec le brûlage des herbages (typique de la forêt).

L’inventaire des cultures incluait à présent des céréales et d’autres espèces venues de la savane, ainsi que des cultures forestières. L’association des cultures (typique des forêts) était jointe aux rotations des cultures (typiques des savanes). La durée de la jachère fut réduite pour satisfaire l’habitude mamvu d’une agriculture plus intensive, mais comme aucune nouvelle technique fertilisante n’était utilisée, les sols s’épuisèrent et les savanes se déplacèrent vers le sud. Dans la sphère sociale, la nouvelle tradition adopta un peuplement en agglomérations compactes. Mais le village ne consistait qu’en une seule Maison qui était plus grande et qui possédait une cohésion interne plus forte et une stratification sociale plus importante qu’aucune maisonnée dans n’importe quelle autre tradition précédente.

Le mariage avec compensation matrimoniale devint usuel et permit aux hommes forts d’utiliser les excédents plus importants pour se construire de gros harems, attirer plus d’hommes jeunes, accroître la main-d’œuvre et étendre le réseau de leurs alliances de défense.

Cependant, les liens entre les communautés plus étendues se relâchèrent parce que le village et la Maison fusionnèrent, parce que le district disparut, et parce que les anciennes idées sur le rôle du chef étaient maintenant transférées aux hommes forts. Cependant, la plupart des locuteurs buan quittèrent lentement les terres de la moyenne Bomokandi pour se répandre vers l’ouest, vers l’Itimbiri supérieur et la Likati, pendant que d’autres Mamvu et Mayogo continuaient à pénétrer dans la région de la moyenne Bomokandi-Nepoko depuis l’est. Ce furent des mouvements très lents, étalés sur des siècles et qui n’empêchèrent pas la tradition commune de s’enraciner. Ces mouvements culminèrent vers l’an mille avec l’arrivée dans la région de la moyenne Bomokandi-Nepoko d’un autre groupe de langue soudanaise centrale du sud, celui des Mangbetu. Ces gens provenaient des terres plus hautes et beaucoup plus sèches où les frontières actuelles du Congo, du Soudan et de l’Ouganda se rencontrent. Quand les locuteurs mangbetu arrivèrent dans cette région si différente, ils s’endettèrent tellement vis-à-vis de leurs instructeurs bantous qu’ils leur empruntèrent presque tout leur vocabulaire lié au nouvel habitat.

Une fois dans la région, ils migrèrent plus loin et commencèrent à se séparer en plusieurs groupes de langues. Durant la moitié du millénaire suivant, les locuteurs mangbetu s’étalèrent de tous côtés depuis le 3° Nord jusqu’à l’équateur, et du 26° Est au 28° Est. Les ancêtres des Abelu et des Lombi s’installèrent respectivement dans les forêts profondes de la vallée de la Lindi et à l’est de la basse Nepoko. Ils furent suivis par les aïeux des Meje qui occupèrent la bordure des forêts de la Nepoko. Tous s’installèrent dans des interstices entre les terres exploitées par d’autres. Chacun des groupes qui en résultèrent fut acculturé par ses voisins, mais tous gardèrent la caractéristique fondamentale du proto-mangbetu : un village égale une Maison. À son tour, chaque groupe, excepté les Lombi, mit ses voisins en contact avec la nouvelle tradition de la moyenne Bomokandi-Nepoko.

Pourtant, l’immigration dans la région-noyau de la moyenne Bomokandi-Nepoko fut bien plus forte que l’émigration. La densité de population s’accrut et, inévitablement, la fréquence et l’échelle des conflits augmentèrent aussi, ce qui entraîna à son tour de nouvelles dispositions militaires. Quelques temps après l’an mille, une nouvelle disposition standard pour la bataille apparut. Des lanciers, protégés par des boucliers couvrant tout le corps, se battaient en rangs serrés : une tactique qui nécessitait de la discipline et un nombre d’hommes assez important. Les armes d’estoc de corps à corps furent perfectionnées. La lance et le bouclier avaient été utilisés dans la région longtemps auparavant, mais le couteau recourbé, ou «  trombash  », employé pour agripper et écarter le bouclier de l’adversaire avant de le frapper d’un coup de lance, était nouveau. Il fut développé à partir de la faucille à moissonner les céréales, commune à l’est. Les armes de jet perdirent de leur prestige et l’emploi de l’arc à la guerre devint presque désuet au nord de la vallée de Bomokandi-Nepoko.

Les nouvelles tactiques signifiaient que plus d’hommes étaient disponibles et qu’un nouveau type de Maison se développait. Les Maisons s’agrandirent et se firent plus efficaces. Le nombre de leurs membres augmenta, elles se différencièrent de plus en plus, et elles adoptèrent des pratiques de succession plus efficaces. On peut penser que l’augmentation de la taille de leur Maison moyenne facilita le succès de l’expansion mangbetu. Dans le cœur du pays, le processus d’agrandissement de la Maison continua jusqu’au point où, vers le début du xviiie siècle, les plus grandes maisons englobaient plusieurs villages, et étaient en train de se transformer en Maisons chefferies. À cette époque, les clients étaient devenus plus nombreux, les esclaves étaient des prisonniers de guerre ou fournis par le commerce, les harems se gonflaient, les guerriers employés étaient des semi-mercenaires spécialisés et désignés par des termes spéciaux.

L’épineux problème d’un ordre de succession à la charge de chef fut résolu comme suit. Le leader de la Maison désignait un héritier officiel et lui donnait quelque responsabilité. Le champ des prétendants légitimes fut limité aux fils du titulaire, et parmi eux, le fils aîné était souvent l’héritier privilégié. Cela renforça la continuité de la charge de chef, sans pourtant entraîner ni une idéologie patrilinéaire complètement développée, ni la formation de lignages stricts. La charge de chef continua à être considérée comme un statut atteint par l’effort personnel, non comme un droit d’héritage. Les dissensions et les prises de pouvoir occasionnelles continuèrent au xviiie siècle malgré la désignation d’un héritier officiel.

Les inégalités entre les Maisons les plus fortes et les plus faibles s’aggravèrent rapidement. Les premières accrurent leur domination, justifiant leurs exigences au nom d’une supériorité, soit comme donneuses d’épouses ou au contraire comme receveuses d’épouses, mais des receveuses qui conservèrent leur supériorité en vertu d’une parenté à plaisanterie.

L’agrandissement progressif de la Maison dans la région-noyau n’empêcha pas cependant l’arrivée d’un autre groupe de gens. Les Mabodo commencèrent à se déplacer vers l’ouest depuis les sources de la Nepoko et de l’Ituri, pour occuper un territoire de la moyenne Nepoko, probablement à partir du xviiie siècle. Ils y devinrent, pour un temps, les meneurs politiques. Même si leurs Maisons étaient plus faibles et plus petites que celles de la tradition de la moyenne Bomokandi-Nepoko, elles avaient maintenu la vieille organisation bantou du village et du district. La cohésion à l’intérieur des districts avait été renforcée par le développement de forts lignages segmentaires appuyés par une institution et une idéologie spéciale : l’« embaa », terme référant au principe de la succession patrilinéaire légitime, et désignant aussi un ensemble de rituels, charmes, et emblèmes qui y étaient liés.

Ces objets étaient sous la responsabilité d’un gardien muni d’un statut politique spécialisé. Ainsi, malgré la faiblesse de leurs Maisons, les Mabodo pouvaient rassembler autant ou plus de guerriers que n’importe lequel de leurs ennemis. Par ailleurs, leur armement était peut-être légèrement supérieur car ils mettaient en ligne des archers armés de flèches empoisonnées en plus de leurs lanciers groupés.

Leurs lignages firent une telle impression que les groupes mangbetu commencèrent à désigner leurs Maisons par un préfixe composé «  Mava-  », dans lequel « va- » était une reprise de « ba- » qui préfixait les noms de lignages mabodo. Un autre aspect de l’impact de leur établissement dans la région fut de forcer les groupes meje et abelu autour d’eux à accélérer la croissance de l’échelle des Maisons locales. L’organisation mabodo n’était pas seulement un sérieux adversaire pour leurs voisins du nord, elle constituait aussi une menace pour leurs voisins du sud, les Bali de la rivière Aruwimi […]

Des « Maisons-chefferies » firent leur apparition dans les années 1700, d’abord embryonnaires et puis fortes, dans la région la plus tendue, juste au nord et au sud des nouveaux établissements mabodo. Avant la fin du siècle, huit Maisons-chefferies étaient parvenues à dominer la région de forte densité de population. La Maison-chefferie la plus grande et la plus cohérente se situait alors vers la Nepoko et son affluent, la Nava. À présent, le prestige meje éclipsait le prestige mabodo, quoique les districts mabodo étaient encore assez forts pour résister à une agression venue de n’importe laquelle des nouvelles Maisons-chefferies.

Cependant, les Maisons-chefferies se répandirent rapidement vers la source de la Bomokandi sans rencontrer d’opposition sérieuse. Les petites Maisons locales mamvu firent face à la menace en s’installant sur des buttes rocheuses pour se défendre, mais la mesure fut inefficace. Les terres mamvu devinrent un lieu favorable pour les raids aux esclaves et autres butins (le plus souvent des chèvres), et des aventuriers étrangers commencèrent à y établir leurs propres Maisons-chefferies. Par contraste avec la supériorité meje, les locuteurs mangbetu de la vallée de la Bima étaient sur la défensive contre les locuteurs buan.

Les Buan avaient adopté la très efficace organisation patrilinéaire segmentaire qui s’était développée dans la région de la haute Likati depuis 1600 et qui leur permettait de coordonner une action militaire sur de grands districts.

À partir de 1750, les anciennes populations près de la Bomokandi inférieure étaient aussi sur la défensive en subissant la pression indirecte de l’expansion abandia et celle des premiers azande Avungura. Les mobiles Abarambo qui vivaient au sud de la Bomu vers 1750 commencèrent à se retirer vers le sud en face de l’attaque azande, traversèrent l’Uele et s’installèrent entre les anciens habitants au nord des établissements makere. Dans cette situation labile, un seul catalyseur pouvait transformer l’ensemble du paysage politique. Ce catalyseur s’appela Manziga, du groupe Mabita. Manziga était un “self-made man”qui débuta comme client adopté. Après 1750, il reprit la Maison de son maître, à l’est de la basse Nepoko dans la région d’Abelu, l’agrandit, s’en alla dans les terres meje où il se rendit maître de plusieurs Maisons-chefferies jusqu’à la Bomokandi au nord. Son fils et héritier, Nabiembali entreprit de nouvelles conquêtes après 1800 et subjugua toute la région de la moyenne Bomokandi-Nepoko, sauf la Maison-chefferie principale des locuteurs mayogo et les terres mabodo. En une seule génération, une Maison-chefferie avait donné naissance à un royaume. Comme signe de la transformation, le nom Mabiti fut proscrit et Mangbetu devint le nom officiel de la nouvelle unité politique.

Après 1815, Nabiembali se lança dans de nouvelles conquêtes en dehors de ses domaines centraux et occupa l’aire entre l’Uele au nord, les Maisons makere à l’ouest, et de nombreuses terres mamvu à l’est, incorporant des gens de milieux ethniques et linguistiques nombreux et différents dans le nouvel état mangbetu. Vers 1820, Nabiembali était devenu assez puissant pour résister aux premières attaques azande, depuis l’autre rive de l’Uele, donnant ainsi le temps à la nouvelle entité mangbetu de développer ses racines.

 

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La croissance du royaume de Nabiembali fut si rapide que le développement d’institutions appropriées à cette nouvelle formation sociale ne suivit pas. Les institutions politiques mangbetu restèrent celles de la Maison-chefferie. Nabiembali continua à rassembler parents, épouses, clients et esclaves autour de lui. Les relations politiques continuèrent à être exprimées en termes de parenté, et les relations entre Maisons-chefferies dans l’état étaient toujours considérées en termes matrimoniaux. Nabiembali donnait des épouses aux leaders locaux et épousait quelques unes de leurs femmes.

Dans le premier cas, il était le frère de la mère des enfants mâles de l’union, un d’entre eux étant alors responsable de la Maison-chefferie de sa mère. Dans le second cas, ses fils étaient les fils des sœurs des leaders du groupe de leur mère, et il utilisa ce lien pour les placer comme ses représentants dans ces groupes. Ses conseillers personnels étaient des parents proches, des clients fidèles ou des esclaves complètement sous sa coupe. L’idéologie royale resta enracinée dans les conceptions de l’homme fort de talent, intelligent et bénéficiant d’une chance surnaturelle. Après 1850, quand la tension devint évidente parmi la foule de fils et de neveux de Nabiembali, l’oracle “mapingo” qui prédisait le succès à la guerre, devint populaire parmi l’élite. Quant aux insignes royaux, c’étaient des objets mal définis, exceptionnels en prix ou en prestige, mais ils ne restaient que des indicateurs de la réussite du leader.

Nabiembali ne réussit pas non plus à créer de nouvelles institutions judiciaires, militaires et financières. La garde du corps royale composée de mercenaires professionnels, de proches parents et de dépendants du roi continua à former le noyau de l’armée. Les revenus gouvernementaux provinrent d’abord du butin, de la production alimentaire des femmes et des esclaves à la cour royale, et probablement des amendes judiciaires. Après les années 1850, la part du tribut et du commerce devint plus importante, mais ce tribut était toujours expliqué en termes de don. Aucun système judiciaire centralisé et hiérarchisé ne se développa. Ainsi, les étais économiques et judiciaires de l’état demeurèrent en fait très faibles.

Le système fonctionna aussi longtemps que Nabiembali contrôla ses fils. Quand son aîné Tuba se rebella et le déposa en 1859, le système s’écroula. Tuba n’avait ni le pouvoir militaire ni le prestige nécessaire pour aligner les autres chefs derrière lui. Une série de guerres civiles suivit, et le dernier roi, Mbunza, tomba lors d’une bataille en 1873. Le royaume se disloqua et fut remplacé par un certain nombre d’épigones plus petits qui commencèrent à s’étendre sur de nouvelles terres peu après l’accession de Tuba. À partir des années 1870, le trouble général devint extrême car les princes azande et les trafiquants d’esclaves du Soudan devinrent très actifs dans la région. La situation devint si critique qu’un ancien charme de guerre, le “nebeli”, se mua en association secrète d’entraide qui protégeait ses adhérents à la fois contre les ennemis extérieurs et contre les chefs.

 

L’histoire des régions du nord-est des forêts tropicales est un des cas plus clairs de l’impact qu’un changement institutionnel peut exercer sur de vastes régions, en altérant l’équilibre des forces entre les unités d’un “système” politique stable. Dans ce cas-ci, la première impulsion vint de la naissance d’une nouvelle tradition (dans la région de la moyenne Bomokandi-Nepoko), suivie par l’attraction grandissante de cette région-cœur, et de sa consécutive croissance démographique. Les Mabodo fournirent une seconde impulsion qui trouve son origine première dans la lointaine région des grands lacs, par-delà les montagnes. Le succès de Manziga représente le résultat de ces élans, mais aussi le début d’un corps politique bien plus ambitieux : le royaume.

 

2. LE PEUPLEMENT DU HAUT-UELE

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Au xviiie siècle, les Azande occupent peu à peu une bonne partie du nord de l’Uele où ils ne manquent pas d’affronter les Mangbetu qui, quelques années auparavant, avaient mené des combats acharnés contre les Mayogo et les Mamvu. À partir de 1860, le commerce avec Khartoum accroît la puissance des chefs azande qui vendent aux Arabes des esclaves contre des fusils. Des centaines des personnes sont faites prisonnières et vendues aux négriers arabo-égyptiens. Dans le nord du Congo – et donc dans l’Uele –, la traite se fait par Dem Ziber (Soudan) vers Le Caire (Égypte) ou Tripoli (Libye). Du jour au lendemain, ces chefs deviennent des sultans et, en 1879, ils reconnaissent la souveraineté de l’Égypte. Mais c’était sans compter avec les conquêtes mahdistes de 1884. Celles-ci aboutissent à l’éviction de l’Égypte de la région. Le commerce s’arrête pour les chefs azande, et ceux-ci se mettent à utiliser leurs armes pour agrandir leurs territoires.

Contrairement aux hégémonies luba-lunda, en déclin au xixe siècle, les Azande connaîtront leur apogée à la faveur de la conquête coloniale. Arrivés par le sud en 1890, les Belges mettront vingt-deux années pour conquérir l’ensemble de la région de l’Uele. Ils n’y parviendront qu’en démembrant systématiquement les chefferies azande et mangbetu. Mais ils finiront par s’appuyer sur elles pour asseoir leur autorité.

Selon Jan Vansina, la plus grande partie de la savane entre Mbomu et Uele est occupée par les Azande, tandis que les forêts au sud du fleuve sont habitées par les Mangbetu et leurs voisins, les Mamvu et Mangbutu du Haut-Bomokandi. En réalité, de nombreux peuples « zandéisés » sont enregistrés comme des « Azande », alors que subsistent encore des îlots «  non zandéisés  » de ces peuples : les Abarambo, Amadi, Bangba, Kare, Sere-Baka, Mundu et Bari.

Les Azande eux-mêmes, bien qu’ayant une structure sociologique uniforme fondée sur le système des « clans » d’est en ouest, sont dirigés par deux dynasties de chefs, les chefs Avungara à l’est (Dungu, Niangara, Poko, Bambesa et Ango) et les chefs Abandia à l’ouest (Buta, Bondo et Aketi) ; en d’autres termes, il n’y a pas d’Azande Avungara d’un coté et des Azande Abandia de l’autre. Dans la structure sociologique zande, les Avungara (autrement appelés « Akulangba ») constituent un « clan » au même titre que d’autres clans azande.

Les peuples « zandéisés » ont pour clans les noms de leurs anciens peuples : Amadi, Basili, Bangbahin, Bugulu, Mundu, etc. Ils parlent la langue « pazande ». Le reste des peuples non zandéisés conservent leur identité et leur langue (Barambo, Bangba, etc.). Les langues de certains d’entre eux sont moins discernables, suite à une diminution du nombre de leurs locuteurs respectifs.

Les Mangbetu ont également influencé un certain nombre de peuples voisins, mais sans les assimiler entièrement : les Popoi, les Malele, les Makere, les Medje, les Mangbele, les Mayogo et un groupe d’Amadi. Le Haut-Uele est actuellement habité par divers peuples de trois principales souches, notamment :

les peuples pygmoïdes : dans le Haut-Uele, ils sont appelés Aka et Tike-Tike. Ils vivent principalement dans les territoires de Rungu, Wamba et Watsa ;

– les peuples de souche soudanaise  : les Azande qui occupent l’ensemble du territoire de Dungu et une partie de celui de Niangara  ; les Mangbetu qu’on trouve dans les territoires de Niangara et de Rungu ; les Mayogo qui habitent une bonne partie du territoire de Rungu, une partie de celui de Niangara et une petite portion de Wamba ; les Mamvu qui peuplent une bonne partie du territoire de Watsa ainsi que les Logo qui occupent le territoire de Faradje ;

– les peuples de souche bantoue : il s’agit notamment des Budu et apparentés ainsi que des Lika et apparentés qui habitent tous le territoire de Wamba.

 

2.1. LES PYGMOÏDES

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Ces peuples sont considérés comme les premiers occupants du centre du continent. Disséminés sur différents territoires du Haut-Uele, ils vivent en symbiose avec les autres peuples. Ne pratiquant pas l’agriculture, la chasse et la cueillette sont leurs principales activités.

Ils apportent le produit de leur chasse à leurs voisins pour recevoir en échange des produits agricoles et autres. Dans les années vingt, de nombreux artistes-peintres étaient fascinés par les figures «  mangbetu  ». Les Européens qui exploraient les régions arrosées par l’Uele ne manquaient pas de décrire leurs rencontres d’une part avec les guerriers Azande et d’autre part avec des hommes considérés comme vraiment très exotiques : les pygmoïdes.

 

2.2. LES AZANDE

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Selon Jan Vansina(*), les Zande sont descendus de la République centrafricaine à partir du territoire occupé par les Nzabaro et ont établi leur premier royaume, dirigé par une dynastie ngbandi, sur le Bas-Mbomu dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Ils pourraient même venir de plus loin, du lac Tchad. Si leur royaume florissait à cette époque, il déclina au cours du XIXe siècle, toléré par le monde arabe qui entretenait avec eux un commerce d’ivoire et d’esclaves. Leurs princes possédaient de magnifiques palais entourés de plusieurs enceintes protégées. Le pouvoir des chefs Avungara était fortement centralisé ; un contre-pouvoir s’organisa, lié à la magie et à la divination, celui du mani.

Le terme « Azande » n’est pas à proprement parler une ethnonymie. Il regroupe en son sein plusieurs peuples qu’on peut classer en deux groupes : les Vungura à l’est, qui sont les plus nombreux, et les Bandiya à l’ouest. Certains de ces peuples furent complètement absorbés par eux et perdirent même leur identité ainsi que leur langue. Leurs noms tribaux dégénérèrent en noms de clans, de sorte qu’ils se considèrent maintenant comme des Azande.

D’après Joseph-Aurélien Cornet et Angelo Turconi, « Zande » (au pluriel Azande) signifie : « celui qui habite la terre ». C’est de cette façon que ce peuple voulait s’affirmer comme le propriétaire de ces vastes contrées. Mais leurs voisins leur attribuaient des noms divers. Les Arabes leur auraient donné le sobriquet swahili de « Niam-Niam », qui serait l’imitation du bruit fait par des anthropophages se léchant les babines. Il n’est cependant pas permis d’affirmer que les Azande aient été cannibales, même si Schweinfurth en était convaincu. L’origine du terme «  Niam-Niam  » serait Dinka, peuple du Sud-Soudan, et signifierait dans leur langue : « peuple de la rivière » ou « ceux qui habitent entre deux rivières ».

D’autres groupes, proches des Azande, communément appelés les « Zandéisés », ont conservé actuellement une certaine conscience de leur identité originelle. Parmi eux, on citera les Barambo, les Madhi, les Bangba, les Kare, les Sere-Baka, les Mundu et les Bari.

D’origine mythique, les Avungara et les Abandia (Bandiya ?), qui fondèrent de puissants empires dans l’Uele, font partie de la dernière grande vague de migrations venues du Soudan avant la conquête européenne pour s’installer dans la savane entre Mbomu et Uele. Le mythe des Avungara est celui de leur ancêtre Basanginonga qui mit fin au despotisme du chef Ngura d’une dynastie précédente en le maîtrisant physiquement («  kavo  » = ligoter).

Initialement, ces conquérants ne disposaient pas d’une organisation politique centrale, mais ils se constituèrent en groupes de guerriers indépendants. Dans leurs conquêtes, ils imposèrent un système d’assimilation des vaincus. Avec une habileté remarquable, la classe noble avungara s’employa à faire éclater les lignages de parenté des peuples vaincus, essentiellement par des mariages, pour les assimiler et asseoir son autorité.

L’organisation politique des Azande était conçue sur un mode pyramidal et féodal. Chaque royaume était divisé en provinces gouvernées par un chef, «  généralement le jeune frère ou fils du chef ». Ces chefs de provinces étaient relativement indépendants, mais totalement soumis au roi.

À l’échelon inférieur, on trouvait un sous-chef, qui, obligatoirement, ne pouvait être un membre des dynasties avungara. Il était responsable de l’ordre dans sa région et avait une fonction ambiguë : il devait, en effet, tout à la fois s’attacher les faveurs du chef dont il dépendait étroitement sans s’aliéner celles de son peuple.

L’individualisme caractérisait souvent la classe noble des Avungara (et non l’ensemble du système social azande) et les crises d’instabilité qui accompagnaient la plupart des successions dynastiques rendirent ces monarchies (de type cantons suisses) particulièrement fragiles et instables.

(*) Jan Vansina, né le 1 à Anvers en Belgique et mort le  à Madison, est un historien et anthropologue de l’Afrique, surtout connu pour ses travaux sur l’Afrique centrale et orientale ancienne et l’utilisation des sources orales.

 

 

2.3. LES MANGBETU

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Comme les Azande, les Mangbetu n’appartiennent pas à un seul peuple. Ils regroupent en leur sein toute une série d’autres peuples, à savoir les Mabili, les Mando, les Mabisanga et les Medje, qui s’identifient comme tels.

D’origine soudanaise eux aussi, les Mangbetu ont également connu une prestigieuse histoire. Ils ont résisté au pouvoir des conquérants Avungara. D’après Baxter et Butt, « ils auraient créé au xixe siècle une série de royaumes militaires dont celui du remarquable roi Mbunza, qui faisait l’étonnement des voyageurs ».

La mort de Mbunza donna le signal du recul des royaumes mangbetu, scindés dans la suite en deux branches : les Mathsaga, au Nord-Est, et les Mangbetu, au Sud-Ouest

Sur le plan politico-administratif et socioculturel, les Mangbetu avaient un système proche de celui des Azande : comme ces derniers, les peuples mangbetu étaient, à la fin du xixe siècle, cimentés par une langue, des habitudes, des coutumes et des mariages en commun et ils exercèrent, par là même, un rayonnement dans tout le Haut-Uele.

Le chef est le maître de la terre et des gens. Ces derniers n’ont sur le sol que des droits d’usage accordés à titre précaire, en droit, mais accordés, en fait, pour toujours, si le sujet accomplit ses devoirs.

Les Mangbetu, tout comme les Azande, ne furent pas arabisés (comme ce fut le cas des Arabo-Swahilis de TippoTip au Maniema), bien qu’ayant subi des attaques de la part des Arabes. Leur espace politique était divisé en grandes circonscriptions à la tête desquelles se trouvait un parent du chef, généralement un de ses fils, parfois un oncle, un frère ou un cousin. Les grandes circonscriptions étaient divisées en petites circonscriptions à la tête desquelles se trouvait un fonctionnaire subalterne, généralement appartenant aux populations assujetties. Le chef avait des conseillers qui l’assistaient pour rendre la justice et dans l’administration. Ceux-ci étaient choisis parmi les populations assujetties. Le chef faisait souvent assister un chef des grandes circonscriptions, généralement un Mangbetu, par un ou plusieurs conseillers. Le chef du « sultanat » nommait et révoquait les chefs des grandes et des petites circonscriptions.

À l’arrivée des Belges, la puissance politique des Mangbetu était déjà affaiblie par les Arabes. Les colonisateurs se servirent néanmoins de leur autorité morale pour épauler l’administration coloniale et imposer ainsi leur domination.

 

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Le roi Mbunza des Mangbetu. (Le roi Mbunza, gravure, RP.2011.6.25,

collection MRAC Tervuren, in Schweinfurth, G.A., Im Herzen von Afrika,

Reisen und Entdeckungen im Centralen Aequatorial-Afrika während der Jahre 1868 Bis 1871,

Leipzig, Brockhaus, 1878, p. 255.)

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2.4. LES MAYOGO

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Répertoriés comme faisant partie de la première vague soudanaise, les Mayogo doivent leur appellation à ce qu’ils représentaient au moment de la pénétration de l’Uele. En effet, d’après les informations reçues des sages du village, les Mayogo constituaient un peuple guerrier, ainsi que le rappelle l’étymologie de leur nom : « egu » signifie la guerre ; « mayo » signifie « Je demande, je veux ». Et donc « Mayogo » (Mayo-egu) signifie, « Je demande la guerre, je veux la guerre »

Il n’en reste pas moins que contrairement à ce que plusieurs ont écrit, les Mangbetu n’ont pas su assimiler les Mayogo, qui leur ont opposé une farouche résistance. Dans l’occupation actuelle des espaces habités, les Mayogo sont encerclés par les Mangbetu. Il est tout à fait incorrect de rattacher les Mayogo aux Mangbetu ou aux Azande156. Ce qui est vrai, c’est que la particularité et les origines des Mayogo auraient échappé à la vigilance des premiers ethnologues de la région de l’Uele.

À l’arrivée des Belges, les Mayogo furent surpris dans leur progression vers le sud en pleine forêt équatoriale, certains d’entre eux n’ayant pu poursuivre la marche. Il s’agit du groupe que l’on trouve du côté de Niangara vers Felende ou encore vers Gao. Ceux qui conquirent le sud s’installèrent dans les environs d’Isiro d’où ils chassèrent les Mamvu, qui prirent le chemin de Mungbere, en allant vers Watsa. Ce qui se raconte aussi, c’est que les Mayogo parvinrent à résister à la domination des Mangbetu dont l’empire était déjà en décomposition. Aussi la pression des Azande aurait-elle tout submergé, si l’arrivée des Belges n’avait figé les peuples au milieu de leur conquête et aidé les plus faibles à survivre.

 

2.5. LES MAMVU

 

Si un grand nombre d’auteurs reconnaissent que les Mamvu, les Mangbutu, les Lese et les Mvuba formaient jadis un seul peuple, désigné par le nom collectif de Mamvu, les hypothèses divergent quant à la classification des peuples mamvu.

Mais d’où viennent-ils ? De quels ancêtres descendentils ? Sur ces questions, les opinions divergent. La plupart les  localisent plus à l’ouest de l’aire d’habitat actuelle. Stanley dit avoir rencontré des Mamvu entre les chutes Panga et le Ngayo. Stuhlmann place leur berceau dans la partie nordouest de la forêt équatoriale congolaise. Schebesta, quant à lui, le cherche sur les traditions mamvu dans la région de Dungu d’où viendraient les Logo. A. de Calonne-Beaufaict le situe dans la crête Tchad-Mbomu et présente l’évolution historique des Mamvu de la manière suivante : « Au xvie siècle, à la fin de la période néolithique, sous la pression des peuples du Soudan central, les Mamvu se dirigèrent du Tchad-Mbomu vers Semio et, de là, vers Amadi à la Haute-Nava jusqu’au Rwenzori. Au cours de leur exode, ils abandonnèrent des frères qui s’assimilèrent, au cours du xve siècle, aux envahisseurs soudanais que l’on retrouve dans les groupes azandéisés des Biri, des Apambia et des Kare actuels  ; vers l’ouest, des populations de la forêt, d’origine ouest-africaine probablement, se mélangèrent à eux ; ce qui engendra les groupes de Makere. »

 

2.6. LES LOGO

Le mot «  logo  » signifie «  être humain  ». Au pluriel « logoa  », veut dire «  foule, groupe de gens ou d’êtres  ». Dire en logoti « Logoa be » signifie « Il y a des gens ». Selon la mythologie, les premiers ancêtres logo, Tafulindri et sa femme Takua, seraient venus de «  Kassa  », source de la rivière Abua, affluent du Bahr El-Ghazal l (Nil blanc).

Dans son ouvrage Histoire des peuplades de l’Uele et de l’Ubangi (Bruxelles, Goemaere, 1922), Hutereau dit que les Logo forment l’un des groupes qui, quoique refoulés par l’ensemble des invasions soudanaises en même temps que les Bari, n’ont pas été mêlés aux Azande (sauf quelques individus isolés dans la chefferie « Kassa » créée par l’autorité coloniale). Les Logo et apparentés ont débouché vers les sources du Sueh et du Mbomu, venant du nord, refoulés par les invasions soudanaises des Mundu, Mayogo… Ces poussées ont permis des croisements de peuples dont sont issus les Bari et les Logo. Selon De Calonne, entre les noyaux de Shilluck164 et les primitifs Mamvu-Walese, se trouvaient des éléments mixtes.

D’abord, ceux qui semblent constituer l’arrière-garde du mouvement migratoire sont les Logo, les Madhi du Nil et les Bongo du Bahr El-Ghazal. Dans une partie des populations ayant accompagné le peuple Shilluck dans sa marche vers le sud-est se trouve une série de petits groupes de Ndo et de Dhongo, entraînés par la vague des Logo, et que certains indices font considérer comme un reste de la migration. M.  H.  Lelong pense que dans le tableau de la répartition des habitants du Haut-Uele, les Makere, les Medje, les Azande et les Abarambo sont rattachés au groupe soudanais. Les Dinka et les Drilouk, que l’on rencontre au Soudan, sont des nilotiques purs. Hormis les Pygmées, les Logo appartiennent au groupe communément appelé « soudanais nilotique ».

 

2.7. LES BUDU

Les Budu se réclament les descendants d’un ancêtre éponyme appelé Bodo. C’est lui qui serait le fondateur du groupe portant son nom165. Après confrontation des données relevant de la tradition orale, la généalogie des Budu, leur généalogie peut être décrite de la façon suivante  : il y eut Mombi, puis Edoo, Ngopa, Toku et, enfin, Bodo. Ce dernier eut un frère du nom de Mombi et une sœur, Nyari, génitrice des Nyari, peuple apparenté aux Budu. Bodo aurait eu quatre fils : Epa, Koy, Gada et Dimbisa qui fondèrent les actuelles chefferies Mahaa, Malamba, Bafwakoy, Bafwagada, Makoda, Wadimbisa (Baneta). Les autres chefferies et secteur du territoire de Wamba (cf. infra) sont nés d’autres souches.

 

2.8. LES BUDU-NYARI

Les Budu-Nyari seraient originaires d’Afrique orientale, de la région des Grands Lacs. Moeller dit que l’ancêtre Bodo habitait à proximité des eaux au pied du Rwenzori : « les Babudu viennent du Bunyoru et marquaient le début de la poussée des grandes migrations bantoues qui se firent sous la poussée des Gallos ».

La migration budu daterait autour du xvie siècle, écrit Meessen : « au xvie siècle, les Bantous établis dans le pays situé entre le lac Victoria et le lac Albert se mettent en route. C’est alors qu’ont eu lieu les premières migrations des Banyari-Mabudu et des Babira-Bakumu167 ». P. Schebesta précise que le groupe Budu-Nyari aurait fait partie de la ramification orientale des Budu occidentaux habitant aux environs du lac Albert.

Du lac Albert, les Budu-Nyari se seraient mis en branle, cette fois ci, sous la poussée des envahisseurs appelés Mandoloma par la tradition orale. Van Geluwe pense que cette migration coïnciderait avec le mouvement ShillukDinka au début du xvie siècle de notre ère169.

D’après cette même source, une fois partis de la région interlacustre, les Budu-Nyari seraient passés par le Ruwenzori et auraient traversé la Simliki. À Gety, et aux environs de Shari, les Nyari se scindèrent en deux groupes et se séparèrent ainsi des Budu170. Après cette séparation, les Budu continuèrent vers Watsa en passant par Aru. Aux prises avec les Mamvu et les Mangbetu, ils descendirent le cours de la Bomokandi où ils vécurent longtemps en paix avec leurs voisins Medje-Mango. Mais lorsque ceux-ci durent fuir les attaques des Azande, les Budu émigrèrent vers le sud. Ainsi de l’Uele, les Budu, par vagues successives, vont s’installer et occuper la région de Wamba, située de part et d’autre de la rivièreNepoko. Ils n’y trouvèrent que des Pygmées, qui leur auraient fait un bon accueil.

 

2.9. LES LIKA

Peu après l’installation des Budu, arrivèrent les Lika, qui sont en fait des Boa. Ils entrèrent dans la région par deux vagues. Le premier groupe arrivé s’établit, vers 1730, dans la vallée de la rivière de Maïka, il constituera par après l’actuelle chefferie Balika-Toriko. Le second groupe est formé des Nyakpu. Les Lika-Ateru s’assimilèrent aux Budu en épousant leurs coutumes et même leur langue.

Vers le xviiie siècle, sous la poussée des guerriers azande, les Lika s’installèrent à Wamba. Sur leur espace actuel, les Lika durent faire face, premièrement, aux attaques de leurs voisins Mangbetu. Ces attaques se soldèrent parfois par des alliances entre les deux peuples. Pour se débarrasser de la menace des Mangbetu, les chefs budu firent appel aux Arabisés, les Ngwana, venus du sud en passant par le Maniema. Ceux-ci exigeront, en contrepartie, des esclaves et d’autres biens.

 

2.10. PROBLÉMATIQUE DES MBORORO DANS LE HAUT-UELE

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Outre ces peuples anciens présentés ci-dessus, le HautUele est confronté depuis quelques années à l’établissemnt sur son espace d’un peuple migrant nommé Mbororo. Ceux-ci sont des éleveurs nomades qu’on retrouve dans divers pays du Nord et de l’Ouest africain. Ils sont composés d’un métissage entre les Peulhs et les Arabes. Ils sont nilotiques et pratiquent la religion musulmane. Les hommes et les femmes mbororo se tressent les cheveux, ils ont le culte de leur beauté et de leur bétail et organisent des fêtes où la beauté de l’homme et de la femme est mise en exergue. Ils se déplacent continuellement à la recherche de pâturages.

Les Mbororo qu’on retrouve en RD Congo viendraient du Niger. Ils seraient passés par le Tchad, le Soudan et la République centrafricaine et arrivés en RD  Congo en 2000 (d’autres témoignages situent l’arrivée des premières vagues vers 1982) durant la guerre du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie) et du MLC (Mouvement de libération du Congo) qui avait débuté en 1998 contre le pouvoir de L. D. Kabila. Ils s’installèrent dans la partie du pays sous le contrôle du MLC et de ses alliés.

À la recherche des meilleurs pâturages, les Mbororo occupent aujourd’hui la partie de la savane boisée du bassin de l’Uele compris entre le Bas-Uele et le HautUele.

Dans le Haut-Uele, le Mbororo se sont établis en territoire de Dungu dans les chefferies Ndolomo et Malingindo, après avoir occupé les territoires de Niangara et de Faradje d’où ils ont été chassés. En 2007, environ 3.750 Mbororo étaient présents dans le Haut-Uele (dont 2.550 à Dungu), accompagnés d’environ 30.000 têtes de bétail.

Les Mbororo sont organisés selon leur nationalité d’origine. Ils sont représentés par un chef nommé Muhamed alias «  Tchad  » (de nationalité tchadienne) et d’un adjoint appelé Djibril (de nationalité centrafricaine). Il y aurait parmi les Mbororo quelques Libyens et des Uda soudanais.

Très peu de relations se tissent entre les communautés locales et les Mbororo. Il existe entre ces deux groupes des barrières linguistiques et culturelles. Au plan linguisitique, les Mbororo parlent des langues que les communautés du Haut-Uele ne connaissent pas (kimbororo, kisango, arabe, anglais). Quant aux Mbororo, ils ne maîtrisent pas les langues utilisées par les communautés locales (kirambo, madi, kingbetu, logoti, lingala, français).

Au plan culturel, la culture des Mbororo est perçue comme diamétralement opposée à celle des communautés locales. Leur religion, l’islam, est assimilée à la violence, l’intolérance et au terrorisme. Enfin, leur mode de vie les isole. Les Mbororo vivent, en effet, dans des camps retranchés, souvent très mobiles, par souci de protéger leur cheptel et de lui trouver de nouveaux pâturages.

Les relations les plus fréquentes qui’ils tissent sont d’ordre commercial, les Mbororo recherchant auprès de la population des denrées alimentaires et les commerçants locaux achetant des vaches aux Mbororo. Ces relations sont déséquilibrées, la possession d’armes plaçant les Mbororo dans une position dominante. Par ailleurs, les Mbororo entretiennent très peu de contacts avec les autorités locales congolaises, ayant leurs propres règles, leurs propres modes de régulation sociale et leurs propres chefs.

Les relations entre les Mbororo et les populations locales sont difficiles et engendrent souvent des conflits de toute nature.

Le Haut-Uele est dès lors confronté au problème de l’intégration des Mbororo dans l’espace qu’ils occupent. Citons quelques sources de conflits souvent évoquées :

les Mbororo introduisent un nouveau mode de production basé sur l’élevage du gros bétail qui concurrence celui de la population locale, basé sur l’agriculture, l’élevage du petit bétail (chèvre, porc…), des volailles et la chasse ;

– ils occupent l’espace de manière disproportionnée avec leurs bêtes, allant jusqu’à dévaster les champs des villageois et ils polluent l’eau des rivières et des ruisseaux avec leurs excréments ;

– les Mbororo et leur bétail envahissent la région et font fuir les gibiers qui constituent une source de revenus et de nourriture pour la population autochtone. De nombreuses confrontations entre la population autochtone et les Mbororo armés se produisent en brousse, lorsque les locaux veulent aller chasser et pêcher ;

– les Mbororo privent la population locale d’accès à ses ressources naturelles, en détruisant les pièges qu’elle tend, en chassant les femmes qui pêchent à la digue, en détruisant les ruches des abeilles, en tuant les herbivores rencontrés en brousses, toujours pour protéger leurs vaches ;

– les Mbororo pillent parfois les réserves alimentaires de la population et détruisent leurs récoltes, allant jusqu’à tirer sur eux s’ils réclament ;

– en 2007, un cas de viol a été rapporté dans la localité de Ngoloni (territoire de Dungu) et des tombes de grands chefs auraient été pillées dans la chefferie Mamlingindo (territoire de Dungu) et dans la chefferie Manzinga (territorie de Niangara).

La population locale considère, dès lors, que la présence des Mbororo constitue un autre facteur d’instabilité et d’insécurité, à côté de celle des groupes armés, telle la LRA.

Si les autochtones accusent les Mbororo, ceux-ci, quant à eux, s’estiment être des mal aimés, comme en témoigne le reportage de Béatrice Petit reproduit ci-après : « Les Mbororos, ces mal aimés Nomades sans frontières, en quête de pâturages, les éleveurs Mbororos suscitent le rejet des autochtones au Nord-Est du Congo. Plus grave, les soldats ont violé impunément 38 de leurs femmes et volé plus de 5000 vaches

Les (M)bororos sont des pasteurs peuls, originaires, pour les uns, du bassin du Niger, pour les autres, de Lybie.

Après avoir migré au Tchad, en Centrafrique et au Sud-Soudan, en recherche de grands espaces verts et de points d’eau pour leurs troupeaux, certains Mbororos sont arrivés jusqu’en RDC. En particulier, depuis 2001, dans les savanes arborées et les forêts peu habitées du bassin des Uele, où ils seraient au nombre de 5.000 avec 98.000 bêtes.

Par delà le conflit traditionnel avec les agriculteurs, qui voient le bétail traverser leurs carrés de manioc ou polluer leurs rivières, la cohabitation a toujours été difficile avec des éleveurs au faciès arabisant, ne partageant ni la même langue, ni la même religion et accusés de porter des armes (pour protéger leurs animaux).

 

L’image du méchant

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En voyant arriver les premiers nomades à Niangara, un jeune garçon s’est noyé, pris de panique. Même si, dans cette localité en particulier, on vit toujours dans la peur, à cause des massacres à grande échelle commis par la LRA, l’accident est révélateur. Beaucoup assimilent à tort, délibérément ou non, les LRA et les Mbororos.

Chassés du district voisin du Bas-Uele par les agressions, les viols et les enlèvements commis dans la brousse par des soldats congolais, quelque 600 femmes, enfants et hommes âgés mbororos étaient venus chercher refuge, complètement démunis, a constaté un responsable MSF.

Le 21 décembre, un adolescent est blessé par balle dans leur campement improvisé. Et le 5 janvier, l’endroit est vidé de ses occupants manu militari. Nous avons rencontré leurs porte-parole, tentant désespérément un dialogue avec les autorités locales : “Les militaires nous somment de partir mais ils nous bloquent en chemin. Nous avons déjà suffisamment payé : 38 de nos femmes ou fillettes ont été violées, provoquant 10 avortements. D’autres ont été enlevées. Ils nous ont volé 5000 vaches et pas mal d’argent”. A l’abri des regards, mon chauffeur de moto confirme en ajoutant “sans parler des ânes, des moutons et des motos”.

Des groupes de 30 à 40 vaches, accompagnés de militaires ont été vus à plusieurs reprises, sur la route de Niangara vers Isiro, puis à l’abattoir de cette localité. De même à Dungu, lors des fêtes de fin d’année, les habitants se sont réjouis de voir la viande déborder soudainement des étals et les prix plonger. Les vaches avaient été repérées un peu plus tôt à proximité du camp militaire.

Un agent des renseignements, qui voulait alerter ses supérieurs, aurait été arrêté et torturé à Isiro pour “diffusion de mensonges”.

Interrogé à propos d’un ordre donné de quitter le territoire, le général Kifwa a reconnu avoir donné mandat de désarmer les Mbororos. Un seul d’entre eux a été trouvé en possession d’une arme et incarcéré à Kisangani. “Entré illégalement sur notre territoire, il devra répondre d’une infraction grave devant la justice militaire et l’office des migrations”, clame le Général. Le nomade incompris risque de payer cher.

 

À lire Clique ici gif 24RDC Province du Haut-Uelé : Les Mbororo ont pillé huit hectares de champs des paysans congolais à Niangara 1 copie
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3. LA SITUATION LINGUISTIQUE

 

Nous allons tenter de présenter un status quaestionis des langues parlées dans le Haut-Uele. On va désigner les langues parlées dans leurs espaces locaux. Les langues parlées dans le Haut-Uele sont :

– le français : langue officielle en RD Congo, utilisée dans l’administration et l’enseignement ;

– le lingala et le swahili : langues nationales en RD Congo, utilisées dans l’enseignement uniquement aux niveaux maternel et primaire. Mais ces deux langues sont prépondérantes dans la communication populaire. Le lingala est parlé sur toute l’étendue du Haut-Uele, tandis que le swahili est couramment parlé dans le territoire de Wamba et une partie du territoire de Watsa ;

– les autres langues, appelées «  dialectes  » ou langues locales, pratiquées dans le Haut-Uele sont directement liées aux différents peuples autotchones. Ainsi sont-elles aussi nombreuses et d’origines variées que ces derniers. On peut les répartir en quatre groupes linguistiques :

– les langues soudanaises : elles comprennent les langues pazande, mangbetu, logo, lugwara, bangba, mayogo, mondo, mamvu, madhi, mangbutu, walese, dhongo, bari, etc.

– les langues bantoues  : essentiellement parlées dans le territoire de Wamba. Il s’agit du kibudu et du kilika,

– les langues nilotiques  : seul le kakwa rentre dans ce groupe linguistique. Il est parlé à Aba (territoire de Faradje) et à Engbokolo, Kumuru (territoire d’Aru),

– les langues pygmées : elles se parlent en territoire de Watsa (Arumbi, Gombari, Andobi) et en territoire de Wamba.

 

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Tourisme dans la province du Haut-Uele

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Les ruines du château de Dungu qui se trouve à la convergence des Rivières Dungu et Kibali à Dungu

 

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château de Dungu

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